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Chevauchée avec le diable (1954) - la critique + le test DVD

La loi de Murphy

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- Durée : 1h20mn
- Titre original : Ride clear of Diablo
- Sortie du DVD : 14 septembre 2010

Cette basique série B bénéficie d’un scénario malin et nuancé en partie gâché par le manque de charisme de la star Audie Murphy.

L’argument : O’Mara part à la recherche de celui qui a tué son père et son frère. Pendant le voyage, il arrête puis s’associe avec le hors-la-loi Whitey Kincade qui l’aide seulement à réaliser à quel point son honnêteté est relative...

Notre avis : Assistant réalisateur pour John Ford ou encore Fritz Lang, Jesse Hibbs entame en 1953 une carrière de cinéaste à part entière pour le compte du studio Universal. Après avoir signé un tout premier drame en milieu sportif avec Tony Curtis (The All-American), Jesse Hibbs se retrouve aux commandes de ce Chevauchée avec le diable, son second long-métrage et tout premier western d’une longue série. Il trousse ici un divertissement de pure série B mettant en valeur les qualités athlétiques de l’acteur Audie Murphy (rendu célèbre aux States grâce à ses nombreuses décorations obtenues durant la Seconde Guerre mondiale).
Basé sur un script tout à fait correct de George Zuckerman (une grande figure hollywoodienne ayant signé de nombreux scénarios pour Douglas Sirk), Chevauchée avec le diable (1954) parvient à ne pas tomber dans le traditionnel schéma opposant les bons et les méchants. Ainsi, le tueur professionnel interprété avec beaucoup d’humour par l’excellent Dan Duryea trouve peu à peu le chemin de la rédemption alors qu’il est décrit comme un être sanguinaire au début du métrage. De même, les notables de la ville, sous couvert de la loi, sont en réalité des criminels qui exploitent leurs concitoyens et jouissent du droit de vie et de mort. Ce point de vue qui anticipe la vision donnée dans les années 60 par les westerns spaghettis est donc tout à fait original dans le cadre d’une toute petite série B. Si les décors peu luxuriants, la figuration éparse et la réalisation sans fioriture trahissent à chaque instant le manque de moyens, Chevauchée avec le diable arrive à se distinguer par l’intelligence de son propos. On est beaucoup plus réservé quant au jeu très limité d’Audie Murphy, finalement peu charismatique avec son air de premier de la classe et sa toute petite taille. On lui préfère largement la belle Susan Cabot ou encore le truculent Dan Duryea qui trouve ici un rôle à sa mesure (après avoir arpenté durant des années les seconds rôles dans des films prestigieux).


Le DVD
Un film très rare qui bénéficie d’une édition de qualité standard.

Les suppléments

Durant huit minutes, le cinéphile Patrice Brion détaille les carrières respectives du cinéaste, du scénariste et des acteurs et démontre l’originalité du script de cette petite série B sympathique.

Image

Si l’éditeur annonce une restauration qui est effective (absence de points blancs ou de rayures disgracieuses), la définition n’est pourtant pas optimale. Outre un manque de contraste, la galette souffre d’un piqué aléatoire (certains plans sont carrément flous) et d’un grain omniprésent.

Son

Les deux pistes en mono (VF et VOSTF) manquent de puissance et de clarté. La musique sature lors des envolées lyriques, tandis que certains passages du film (notamment dans la dernière bobine) se révèlent bien plus étouffés sur le plan sonore que le reste du métrage. Une déception, donc.

Virgile Dumez




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