Cleaner

Pour un navet de plus

- Durée : 1h25mn

Renny Harlin s’enlise un peu plus dans le navet et nous livre un thriller indigent à peine relevé par des effets de style pompier.

L’argument : Ancien membre de la police de Trenton, Tom Cutler se recycle comme nettoyeur de scènes de crimes, un métier honnête qui lui permet d’élever seul sa fille Rose avec la conscience tranquille. Lors de sa dernière mission, il s’aperçoit que le crime dont il a effacé les traces n’a jamais été signalé à la police. Quand Ann Norcut, la femme qui habite la maison où il vient d’intervenir, lui demande de l’aider à trouver une piste sur son mari disparu, Tom comprend qu’il a été piégé. Pour éviter de se voir impliqué dans cet assassinat, il va falloir qu’il aide Ann à découvrir la vérité. Eddie Lorenzo, son ancien co-équipier et ami, peut l’aider. Mais Tom va vite découvrir que tout le monde garde de lourds secrets.

Notre avis : De Renny Harlin, on n’attend plus grand chose depuis une dizaine d’années et la déception autour des requins tueurs de Peur bleue. Tous les espoirs autour de cet artisan de la série B costaude se sont peu à peu dissipés dans les années 90. Deux films d’horreur sympas (Prison et Le cauchemar de Freddy), un bon pirate movie au flop historique (L’île aux pirates), un blockbuster d’action percutant avec Stallone (Cliffhanger), deux trois autres productions plaisantes, puis l’insondable vide dans les années 2000 (Profession profiler et surtout Le pacte de sang). Néanmoins son nom suscite toujours une certaine curiosité. L’on se dit que le cinéaste finlandais a du savoir-faire et que son revival est toujours possible. Il ne se fera manifestement pas avec Cleaner, un authentique ratage, sur toute la ligne.
Le retour au thriller d’Harlin s’avère peu ambitieux. Sujet bateau prévisible (un nettoyeur de scènes de crimes se voit victime d’un complot destiné à l’accuser d’un crime qu’il a nettoyé), retournements de situation... Visiblement, il n’y avait pas là matière à inspirer le géant blond qui essaie de limiter ses tics visuels (mouvements de caméras virtuelles, accélérations d’images, montages ultra élaborés) mais ne peut néanmoins s’empêcher d’y recourir malgré un sujet qui ne s’y prête absolument pas. Le résultat est grossier et vain.
Au cœur du complot, Samuel L. Jackson ne se sent pas très concerné par les événements qui l’atteignent et feint de jouer la victime qui se rebiffe devant un Ed Harris cabotin et une Eva Mendes décidément piètre comédienne. Au final, beaucoup de temps morts, des dialogues ineptes et un dénouement pitoyable. Pas de doute, il s’agit là du pire avatar du cinéaste.

Frédéric Mignard

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