Sortie du coffret : 3 juillet 2012
Un coffret indispensable qui permettra aux cinéphiles de mieux appréhender la carrière d’acteur d’Erich von Stroheim à travers quatre séries B où son charisme imparable est le meilleur argument de vente.
L’argument :
THE LADY AND THE MONSTER : Le Professeur Franz Mueller conserve le cerveau du magnat de la finance Donovan, tué dans un accident d’avion, afin de mener des expériences scientifiques. Mais, très vite, le cerveau prend le contrôle de l’esprit de l’assistant du Professeur, et tente de séduite la belle Janice.
THE MASK OF DIIJON : L’illusionniste Diijon abandonne sa carrière pour se consacrer à l’étude de l’hypnose. Etant parvenu à pousser un homme au suicide, il tente de nouvelles expériences criminelles avec son épouse…
THE GREAT GABBO : Le ventriloque Gabbo donne des représentations avec son assistante, Mary. Après avoir raté une scène, celle-ci est chassée. Elle trouve alors un nouveau partenaire, ce qui rend Gabbo fou de jalousie. Il sombre alors dans la démence, aux cotés de son inquiétante marionnette…
THE CRIME OF Dr CRESPI : Par vengeance, le Dr Crespi utilise un puissant anesthésique de son invention sur l’amant de sa femme, ce qui le plonge dans un sommeil hypnotique. Considéré comme mort, celui-ci est enterré. Mais les deux assistants le déterrent… D’après Edgar Allan Poe.

Notre avis : D’abord assistant de Griffith sur Intolérance, puis acteur, le génial Erich von Stroheim se retrouve sans emploi au début des années 20, l’obligeant à entamer une carrière de réalisateur. A travers une série de films tous plus admirables les uns que les autres, il impose un style bien à lui qui en fait l’un des meilleurs réalisateurs des années 20. Toutefois, ses caprices de diva, ses dépassements de budget légendaires et l’échec commercial d’un certain nombre de ses films l’ont voué au silence dès le début des années 30. Dès lors, l’artiste salué comme un génie de la mise en scène redevient acteur dans des films de série B souvent indignes de son talent. C’est cette seconde partie de carrière souvent négligée par les cinéphiles que ce coffret édité par Artus se propose de faire découvrir aux curieux.
On y trouve donc un film intitulé Gabbo le ventriloque (1929) dont on pense qu’une partie a pu être tournée par Stroheim lui-même, mais aussi Le crime du docteur Crespi (1935) où l’acteur joue une fois de plus un être machiavélique qui cherche à se venger de l’homme qui lui a piqué sa femme. Ce sont assurément les deux bonnes surprises de ce coffret qui contient également un Mask of Diijon (1946) de bonne tenue et The lady and the monster (1944) de l’inusable George Sherman. Un programme en tout point sympathique.
Le crime du docteur Crespi : La critique ICI
The mask of Diijon : La critique ICI
The lady and the monster : La critique ICI
The Great Gabbo : La critique ICI
Les suppléments :
Peut-on vraiment parler de suppléments dans un coffret qui nous offre quatre films pour le prix de deux ? D’autant que l’objet est toujours aussi soigné avec ses cartes postales qui reproduisent les affiches des films et un livret de 12 pages qui éclaire l’ensemble. Pas de bonus vidéo, donc. Mais est-ce vraiment important ?
Image :
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L’ancienneté des oeuvres proposées et l’absence de restauration donnent un résultat passablement médiocre au niveau visuel. Les films sont donc présentés dans des copies abîmées par le temps, avec des plans flous, des drops, des passages instables et un nombre impressionnant de griffures et autres impuretés. Toutefois, il faut être indulgent face aux efforts éditoriaux déployés par Artus pour sortir des films inconnus destinés à un public très ciblé. Leur cinéphilie est toujours aussi contagieuse et c’est l’essentiel.
Son :
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Les films sont présentés dans leur version originale mono d’époque, avec tous les défauts inhérents à ce format. L’ensemble demeure de bonne qualité et ne souffre pas trop d’effets sonores indésirables ou de souffle intrusif.