Quand La vérité si je mens rencontre Bridget Jones, le cinéma français accouche d’une jolie comédie romantique, diablement volubile, portée par la convivialité et la bonne humeur de ses interprètes. Pêchu.
L’argument : Isa, Alice, Léa et Nina, liées par leurs familles séfarades autant que par leur amitié, partagent leurs vies entre les histoires de cœur, un institut de beauté sous contrôle fiscal, des enfants à élever, une nounou marocaine sans papier à pacser, des régimes à répétition, des fêtes familiales et religieuses à honorer, mais avant d’être belles, leur plus gros challenge reste d’être elles-mêmes.
Notre avis : Vous trouvez le titre con ? Le film pourrait paraître à première vue de son niveau. Hymne féminin au clichés amoureux et à la superficialité (Laroque tient un institut de beauté et aime se fourvoyer avec ses frangines dans les lieux tendance), cette comédie affectionne les stéréotypes et les lieux communs. En vrac, on y trouve un divorcé cool et séduisant qui va chercher sa môme à l’école, une mère de famille qui fond devant lui alors que son bourrin de mari la délaisse pour du foot, une mamma juive autoritaire qui ne jure que par l’avenir de ses enfants, une gosse qui passe son temps sur MSN, une working girl dynamique et autoritaire qui multiplie les amants de peur de s’engager dans l’amour, une jeune célibataire boulimique... Bref, on nage dans un océan de clichés sans jamais s’y noyer cependant...
Lisa Azuelos, la cinéaste, sait exactement ce qu’elle veut. En mixant la comédie ethnique juive à la comédie romantique post-trentenaire, elle nous offre un point de rendez-vous convivial entre La vérité si je mens et Bridget Jones, et cela fonctionne. Elle s’adresse clairement à un public féminin urbain, celui-là même qui a fait le succès de Tout pour plaire l’an dernier, sans s’aliéner le public masculin qui trouvera l’exercice d’opposition homme/femme des plus amusants. Appuyant sur le turbo niveau rythme, elle donne quartier libre à la logorrhée de ses interprètes qui débordent d’une énergie proche de l’hystérique collective. Certains mâles pourraient les trouver soûlantes ! Leurs histoires de "bonnes femmes" d’une grande vacuité, entre potins de salons et confessions de copines, se chevauchent pour le plus grand bien d’un récit qui n’a pas le temps de s’essouffler. Un imbroglio d’amourettes truculentes complètement inoffensives qui fonctionnent à 100% quand il s’agit de donner la pêche à un public qui n’en attendait pas moins.