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Confessions - la critique

La rentrée scolaire est aussi à l’Etrange Festival

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- Durée : 1h46mn
- Titre original : Kokuhaku

Long trip visuel qui s’apparente à un gigantesque vidéo-clip, Confessions ausculte la violence sous-jacente de la société japonaise avec une distanciation et une froideur réfrigérante.

L’argument : Yuko Moriguchi a arrêté de vivre depuis que sa petite fille de quatre ans, Manami, a été retrouvée noyée dans la piscine de l’école où elle enseigne. D’après le rapport de police, il s’agirait d’une mort accidentelle. Mais l’institutrice n’est pas dupe et suspecte deux de ses jeunes élèves...

Notre avis : Remarqué en France pour avoir signé Kamikaze girls (2004), un infâme patchwork cinématographique dont chaque image était retouchée à la palette graphique tout en succombant à l’hystérie d’une mise en scène tape à l’œil, le réalisateur Tetsuya Nakashima nous revient avec un film bien plus sérieux qui évoque la violence scolaire. Partant d’un postulat fort intéressant (une enseignante annonce à ses élèves que sa petite fille a été assassinée par deux de ses élèves dont elle compte bien se venger), Nakashima signe une œuvre déconcertante et plutôt inclassable, quelque part entre le trip sous acide et le film de vengeance traditionnel. Alors que le sujet appelait un certain nombre d’excès dans la violence, l’auteur a préféré adoucir son propos en mettant le spectateur à distance par un dispositif formel très élaboré (et parfois irritant, il faut bien l’avouer). Ainsi, l’intégralité du long-métrage est narré en voix-off par les différents personnages qui se confessent (d’où le titre, ici très à propos), tandis que la plupart des images sont tournées au ralenti (environ 80% du film). De quoi donner assez rapidement l’impression d’être devant un (très) long vidéo-clip. Grâce à une réelle maîtrise des nouvelles technologies, ainsi que par la grâce de savants cadrages, Confessions séduit immédiatement la rétine, même si l’accumulation d’effets visuels finit par lasser.
Si le cinéaste ne dit finalement pas grand-chose sur cette jeunesse japonaise délaissée et livrée à elle-même par des parents démissionnaires (un thème rebattu depuis de nombreuses années déjà), il s’attache à décrire par le menu la froide vengeance psychologique que l’enseignante exerce sur les jeunes meurtriers de son enfant. Rappelant la structure du coréen J’ai rencontré le diable, le film dénonce les coupables dès la première demi-heure, avant de suivre pas à pas la vengeance mise sur pied par une femme brisée dont les sourires forcés dissimulent mal la haine. Si un flottement intervient dans l’intrigue au bout d’une heure, la dernière partie emporte finalement l’adhésion par sa cruauté. Attention toutefois, ce nouveau long de Nakashima ne fera assurément pas l’unanimité, notamment à cause de ses partis-pris esthétiques affirmés.

Virgile Dumez


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