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Course à la mort - la critique

Fast and tedious

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Le remake de La course à la mort de l’an 2000 est une nomenclature de scènes fastidieuses à la bêtise édifiante.

L’argument : Dans une Amérique futuriste, les prisonniers sont contraints de participer à de très violentes courses automobiles dans des arènes fermées. C’est dans ce contexte qu’un homme qui doit être libéré dans quelques semaines se voit assigné à participer à l’une de ces courses. Celle-ci est une course à la mort ! Il devient alors l’un des favoris du public qui le connaît sous le nom de Frankenstein...

Notre avis : Paul W.S. Anderson comptait parmi les espoirs du cinéma horrifique au creux des années 90 (Shopping ; Event Horizon). Malheureusement, à force de brasser du vide et d’agiter sa belle caméra dans les interstices de ses scénarii, il dérouta le moins exigeant de ses spectateurs avec des séries B prometteuses, mais intrinsèquement décevantes dans leur volonté de concilier les accrocs aux productions grand-guignolesques et les amateurs lambda de blockbusters sans personnalité (Resident evil ; Alien Vs. Predator). On pouvait néanmoins lui créditer un talent de conteur par le visuel, particulièrement visible dans sa détermination aérienne à toujours vouloir fluidifier ses mouvements de caméra.
Son dernier opus, produit par une Paula Wagner (l’ancienne complice productrice de Tom Cruise) visiblement très désorientée depuis la multiplication de ses divergences avec le comédien, pousse l’erreur de parcours un peu plus loin dans le cimetière des fautes irréparables, entre le navet grotesque, le film de geek assumé B et le mauvais goût pathologique. Ce remake d’une production de Corman de 1975 s’inscrit au premier abord dans une logique de critique des médias poubelles avec un point de départ émanant de notre obsession pour la télé réalité : en 2012, l’on organise des courses mortelles chez les taulards en leur faisant miroiter la liberté contre l’explosion de l’audimat. Malheureusement la satire critique du récent Live, qui empruntait déjà cette direction, sert de prétexte maladroit à une course poursuite carcérale qui exploite avec un opportunisme éhonté la série phénomène Prison break. Les scènes sont sans queue ni tête ; les acteurs s’efforcent de donner corps à leurs personnages sans chercher à y croire ; et l’on nous parle de programme de télévision barbare sans jamais nous montrer l’ombre d’un spectateur (celui-ci n’intervient que dans les coulisses lors des rares mentions des chiffres d’audimat). L’unique intérêt résiderait donc dans l’action dont l’iconique Jason Statham s’est fait spécialiste, mais celle-ci est juste laide dans son illisibilité. En résumé, le sous Mad Max a vingt ans de retard dans sa catégorie série B de cinéma de bas quartier. La déception est d’autant plus grande que dans le même genre le jouissif Doomsday, nous avait mis l’eau à la bouche.

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Frédéric Mignard


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