Durée : 1h47mn
Titre original : Damien : Omen 2
Réalisateur non crédité : Mike Hodges
Une suite qui ne démérite pas par rapport à l’original, mais qui reste un divertissement très hollywoodien.
L’argument : Sept ans ont passé depuis que Damien a échappé à la mort que lui réservait son père, persuadé que sa progéniture était l’Antéchrist. Désormais, il vit avec son oncle, sa tante et son cousin, héritiers du vaste empire Thorn. Découvrant sa véritable nature maléfique, le jeune garçon procède à l’élimination de tous ceux qui peuvent entraver son ascension au sein de la famille Thorn.
Notre avis : Deux ans après le succès de La malédiction (1976), film d’horreur très hollywoodien de Richard Donner exploitant le thème du Diable alors très en vogue depuis le triomphe mondial de L’exorciste (1973) de William Friedkin, les producteurs remettent le couvert avec cette suite directe du premier volet de la saga. Cette fois-ci, le spectateur est invité à suivre l’adolescence de l’Antéchrist qui, comme toute personne, est confronté à la puberté et donc à la découverte de son vrai "moi". Postulat plutôt original et intéressant qui donne lieu à quelques scènes assez émouvantes, notamment vers la fin du film. Au passage, les scénaristes en profitent pour égratigner les pratiques de plus en plus inhumaines des firmes multinationales (ou comment faire de l’argent en exploitant la misère humaine, et notamment ici la famine). Ainsi, les méthodes agraires décrites dans le métrage sont bien celles que de nombreuses entreprises américaines ont diffusé en Inde lors de la "révolution verte" qui s’avère assez désastreuse aujourd’hui.
Cette critique d’un certain capitalisme sauvage faisant fi de la morale enrichit un film qui multiplie les morts violentes sans pour autant jouer la carte de la surenchère. Les amateurs de sang frais seront déçus par le caractère "soft" des différentes mises à mort (à part celle du médecin dans l’ascenseur, graphiquement marquante). Après le remplacement de Mike Hodges (auteur de la première demi-heure du film), le réalisateur de télévision Don Taylor a effectué un travail sérieux, sans pour autant parvenir à se démarquer de l’original, déjà très conventionnel dans sa mise en scène. Finalement, l’ambiance horrifique est davantage créée par la musique toujours aussi impressionnante de Jerry Goldsmith. Les acteurs sont dans l’ensemble convaincants, menés par un William Holden qui avait refusé le rôle tenu par Gregory Peck dans La malédiction et qui se retrouve tout de même dans la suite, histoire de profiter du succès planétaire du premier volet. Damien, la malédiction II est donc un agréable divertissement, dans la droite ligne du précédent.