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Délire express - La critique

Pire express

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Avec son absence de gags percutants, ses personnages antipathiques et sa réalisation au point mort, ce nouvel opus de l’écurie Apatow représente le degré zéro de la comédie.

L’argument : Dale Denton et Saul Silver n’ont vraiment rien en commun, sauf le Délire Express, une variété très rare de marijuana que Saul vend à Dale. Une nuit, ce dernier est témoin d’un meurtre commis par un redoutable baron de la drogue et sa complice dans la police. Sous le coup de la panique, il abandonne son herbe sur la scène du crime... Alors que cet indice conduit directement à eux, Dale et Saul n’ont pas d’autre choix que de s’enfuir pour sauver leur vie. Ils vont vite découvrir que leur paranoïa n’est pas uniquement due à ce qu’ils fument : des tueurs déchaînés prêts à tout les pourchassent réellement pour les éradiquer. Le point positif ? Ils peuvent devenir amis... s’ils survivent.

Notre avis : Après bon nombre de films indépendants pour la plupart ambitieux sur les plans thématique et formel (notamment L’autre rive), le cinéaste David Gordon Green s’offre une récréation avec ce Délire express scénarisé et produit par le nouveau pape de la comédie à l’américaine Judd Apatow. Puisque ce jeune loup ne cesse d’aligner les succès, cette nouvelle comédie n’a pas failli en étant rentablilisée en moins de cinq jours d’exploitation sur le territoire ricain. Comme quoi sa recette semble imparable après les triomphes de 40 ans toujours puceau ou encore En cloque mode d’emploi. Apatow tente de se diversifier ici en proposant une comédie d’action dans le style de Midnight run à partir d’une intrigue prétexte à un maximum de situations prétendument croustillantes.
Mais en lieu et place du délire annoncé avec fierté par le titre français, le spectateur devra se contenter d’une succession maladroite de gags éventés, de vulgarité facile et téléphonée, ainsi que de scènes réalisées sous Prozac. Comme paralysé par un genre qu’il ne maîtrise pas, le réalisateur signe un ensemble d’une rare laideur stylistique plombé par un sensible manque de rythme. De fait, l’heure cinquante de projection se transforme rapidement en calvaire lorsque l’on comprend qu’on ne sourira pas une seule fois devant les grimaces et gesticulations de Seth Rogen, épaulé par un James Franco méconnaissable. Programmé pour plaire au geeks qui se reconnaitront forcément dans ces personnages « top cool » qui fument des joints et sont profondément immatures, Délire express est une nouvelle preuve de la médiocrité de son producteur-scénariste qui, sous couvert de choquer la prude Amérique, délivre une fois de plus un message réactionnaire (la fumette, c’est pas bien) dont on se passerait volontiers.

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© Sony Pictures Releasing France
Virgile Dumez




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