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Désengagement - la critique

Frontière(s)


- Durée : 1h55mn

Foncièrement inégale, cette évocation du désengagement de la bande de Gaza est une oeuvre hybride profondément humaine qui ne fera pas l’unanimité.

L’argument : En 2005, suite à la mort de leur père, Ana retrouve Uli, son demi-frère israélien qui vient la retrouver en France. Elle décide de retourner en Israël à la recherche de sa fille qu’elle a abandonnée à sa naissance, 20 ans plus tôt. Sur place, Ana et Uli sont pris dans le désengagement de Gaza.

Notre avis : 2005, la presse internationale relate durant l’été l’évacuation musclée des colons de la bande de Gaza suivant point par point le plan de désengagement prévu par Ariel Sharon depuis le 6 juin 2004. Le monde assiste donc médusé à ce spectacle surréaliste : l’armée israélienne intervenant contre des colons juifs. Marqué comme tous ses concitoyens par cet événement, le réalisateur Amos Gitaï parvient à se rendre sur place et compte bien témoigner d’une façon ou d’une autre. Au lieu de choisir la voie du documentaire, il préfère évoquer ce drame national par le biais d’une fiction inspirée par la trame de L’homme sans qualités de Robert Musil.
Dès le générique, Amos Gitaï affirme sa volonté de dépasser toutes les frontières qui séparent les êtres en filmant le rapprochement dans un train entre un Israélien et une palestinienne. De quoi choquer dans son pays où le film a d’ailleurs fait polémique. Pourtant, cette approche humaine permet justement de dépasser toutes les haines, qu’elles soient territoriales ou religieuses. Divisé en deux parties bien distinctes d’une heure chacune, Désengagement, par delà ses défauts de construction, est avant tout une oeuvre citoyenne militant pour la paix et l’abolition des frontières. La première heure en Europe est pour le moins inégale, parfois maladroite dans sa présentation des personnages, mais aussi parcourue de fulgurances esthétiques telles que les interventions chantées de Barbara Hendricks. A la lisière du fantastique, le métrage installe doucement une atmosphère étouffante, établissant ainsi le malaise d’Ana, le personnage incarné par Juliette Binoche. Issue d’une bourgeoisie repliée sur elle-même, elle cherche une échappatoire qui lui sera donnée par un testament providentiel. Ce passé qui ressurgit tout à coup - une fille qu’elle a abandonné à sa naissance car elle était trop jeune pour s’en occuper - lui donne une nouvelle raison d’exister. Dès lors, le cinéaste nous convie à un voyage vers la bande de Gaza. Totalement différente de la précédente, cette partie israélienne est marquée par un réalisme bouleversant lorsqu’elle nous conte avec pudeur les retrouvailles entre une mère et sa fille. Avec un minimum de moyens - plans séquences et caméra fixe - le réalisateur filme le désarroi d’êtres humains pris au piège de l’Histoire. Sans jamais prendre parti pour ou contre les colons, Amos Gitaï montre simplement des hommes et des femmes victimes des événements.
Cette seconde partie, beaucoup plus équilibrée et moins démonstrative, est marquée par l’interprétation renversante d’une Juliette Binoche au bord de la crise de nerfs. Elle donne toute la densité nécessaire à cette mère qui franchirait tous les obstacles pour rencontrer sa fille, au point de nous bouleverser lors d’une scène finale très forte. Sans être un chef d’oeuvre, Désengagement est un film hautement recommandable, tour à tour fascinant, irritant et passionnant jusque dans ses maladresses.

Virgile Dumez

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Les avis des internautes

 

> Désengagement - La critique

Par Norman06

Séduisant dans sa première partie (la séquence dans le train avec la divine Hiam Habbas, les obsèques du père, le jeu décalé de Binoche), le récit s’enlise un peu avec le road-movie dans la bande de Gaza. Voulant brasser les thèmes des crises familiales et politiques, mais ne les traitant que partiellement, Amos Gitai ne retrouve pas force de Free Zone mais signe une œuvre respectable.

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> Désengagement

Par esdez

Merci Monsieur GITAI de nous livrer ces images formellemnt belles et tellement pleines. C’est un florilège de paraboles dont l’aboutissement est un lumineux arc en ciel qui nous livre une vérité toute simple : Pas de naissance, pas d’attache, nous sommes tous itinérants sur cette planète . Il nous le livre dans un dialogue : "Nous sommes tous des Bédouins".Toutes les actions, toutes les scènes et tous les personnages nous révèle cette Vérité Première, nous sommes de passage et donc, le reste est vain. Le reste ? Oui, les croyances ultras, les territoires, les races,les (...)

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