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Detention - la critique + le test DVD

Donnie Dingo

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Sortie DVD & blu-ray : le 7 août 2012

Le réalisateur du très dingue Torque revient avec un pastiche de slasher beaucoup plus proche des univers déments de Gregg Araki et Richard Kelly que de celui de Wes Craven.

L’argument : Adolescente paumée, Riley tente de survivre à la pression quotidienne d’un lycée complètement azimuté et frappé par un tueur tout droit échappé d’un authentique slasher. Mais l’établissement recèle aussi d’autres secrets...

Notre avis : Grillé Joseph Kahn après Torque ? Oui, pendant près d’une dizaine d’années... Ce vidéaste issu de l’école de la caméra virtuelle qui claque, avait osé, dans sa version "moto" de Fast and furious, parcourir les entrailles d’un motard, à 300km dans les rues de L.A. (aux heures de pointe !), de la tête à l’anus ! Il avait fait sauter des deux-roues survitaminées sur le toit d’un train, avant de les propulser au coeur des rames, oui, au milieu des passagers pour une course poursuite inédite dans l’histoire du cinéma. Du grand n’importe-quoi à prendre au dernier degré, mais qui avait été haï par les critiques et le public de l’époque (il n’y a qu’à voir les notes sur IMDB !). Il s’en amuse d’ailleurs dans son 2e long, accouché dans la douleur, Detention, une version trash du Breakfast Club de John Hugues.
©Sony Bête de festival vue en France au PIFFF en novembre 2011, puis à Hallucinations collectives à Lyon, en avril, Detention est un pur teenage movie sous acide, non pas que les personnages adolescents soient tous sous les effets de drogue, non, mais le cinéaste n’a toujours pas calmé son style : caméra agitée qui virevolte autour des personnages stéréotypés, insertions de fenêtres ou d’écrits fantaisistes autour d’eux pendant 1h29, dérapages dans le gore, le slasher, la science-fiction extra-terrestre... Et n’oublions pas le débit hystérique des dialogues qui se vautrent dans la référence volontairement obsédée par les standards bon marché des années 90 (mode vestimentaire et la musique ringarde RnB, à la Kris Kross "Jump", que l’on pourrait qualifier de nulle !).
©Sony Oui, Detention est finalement à l’image de Torque, totalement frappé des méninges, de la pelloche qui joue du chapeau, mais avec une intelligence qui faisait défaut au nanar hilare de bikers. Detention colle des mômes paumés un samedi matin (c’est dans le titre !) comme chez John Hugues, les déglingue les uns après les autres avec un discours de métacinéma comme dans Scream, mais c’est surtout du côté de Donnie Darko de Richard Kelly qu’il faut aller chercher la principale référence : les voyages dans le temps, le clin d’oeil à Patrick Swayze (présent au casting de Donnie) à travers le modèle de Road House que s’efforce de suivre le personnage joué par Josh Hutcherson, la mascotte ours qui remplace un peu le lapin frappeur, sans oublier la place prépondérante apportée à la musique populaire, celle des années 90 quand Donnie Darko (pour mémoire le meilleur film de 2003, si, si..) s’émerveillait face aux classiques new wave des 80s. Ce délire finit comme Kaboom de Gregg Araki, en putsch cinématographique, dans une fuite vers l’absurde totalement burlesque qui lui confère définitivement une place au panthéon des Objets Filmiques Non Identifiés. Attention toutefois de ne pas être morts soûlés avant par les flots de charabia trash, geek, nerd, bitchy ou jock, qui au bout d’une heure trente tendent quand même à se mordre un peu la queue.

©Sony


LE DVD

C’est directement en DVD que les Français pourront découvrir Detention. Heureusement l’édition est techniquement soignée.

Les suppléments :

Un long commentaire audio où apparaissent les auteurs du film, et tous les comédiens, vient servir de making-of. Cette vision du film en "mode triche" est un moyen plus ludique pour faire passer les commentaires.

L’image :

D’une belle pertinence, avec des couleurs qui font monter le degré de colorimétrie et des noirs qui se montrent persuasifs. Rien à dire, la copie proposée est de toute beauté !

Le son :

Tout se passe en 5.1 Dolby Digital et cela se passe très bien. Bon doublage avec VF tonitruante et VO qui applique puissance aux voix et des effets sonores bétons... Un parfait écrin pour l’incroyable BO du film mélangeant indie contemporaine (Metric) aux titres ringos des années 90 (les Backstreet Boys).

Frédéric Mignard


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