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Deux jours à tuer - la critique

Ma vie en l’air

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Note moyenne des internautes :

Le portrait d’un homme désabusé, en deux jours et deux temps, qui s’essouffle en cours de route et se perd dans les méandres pastoraux chers à Jean Becker.

L’argument : Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l’argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s’est-il passé chez cet homme pour qu’il change si étrangement de comportement ?

Notre avis : Dans cette chronique ancrée dans la vie citadine, Jean Becker semble vouloir casser un peu l’image de réalisateur bucolique qu’il avait acquise avec ses derniers films (Dialogue avec mon jardinier). Le cadre se détache immédiatement du reste de sa filmographie. Le ton aussi. Plus mordant, plus féroce, plus sardonique. L’histoire s’annonce forte, cruelle. D’une noirceur au goût de L’été meurtrier, l’un des sommets de sa carrière (1983).
Antoine (un publicitaire) a réussi sa vie et a, comme on dit, « tout pour être heureux ». Un week-end lui suffira pour détruire cette existence de papier glacé. Incarné par Albert Dupontel, excellent dans ce rôle de méchant cinglé, dur et touchant à la fois, le personnage, à double tranchant, est trouble, difficile à cerner. Il s’acharne à démolir son existence confortable et s’attaque avec âpreté à son entourage, constitué d’un casting imposant (Claire Nebout, Cristiana Réali, Marie-Josée Croze, Samuel Labarthe, etc.) qui valorise cette première partie fracassante. On se demande jusqu’où ira ce processus d’autodestruction implacable, alors que l’on se repaît d’une scène anthologique de dîner d’anniversaire, durant laquelle Antoine va s’acharner méticuleusement contre chacun de ses amis en leur assénant des vérités dures à entendre.
Malheureusement, très vite, Dupontel vire au vert et, sur le chemin de la campagne, si chère au réalisateur des Enfants du marais, le métrage se perd dans les méandres d’un suspense un brin vieillot, à l’issue trop prévisible et barbante. Ce retour au champêtre et donc aux bonnes vraies valeurs du terroir (sic) est de mise. La lenteur aussi. Quelques rares belles rencontres, comme celle de Pierre Vaneck, parfait dans le rôle du bougon ermite, n’empêchent pas le métrage de devenir interminable. Becker anesthésie alors toutes les émotions d’une première partie pourtant riche en promesses. Et ce n’est pas la chanson de Serge Reggiani, utilisée pour le générique de fin, qui change les choses. Faisant partie intégrante du film, elle rallonge un peu plus le supplice alors que l’on se surprend à rêver du mot fin.

Olivier Frégaville-Arcas


Les avis des internautes

 

Deux jours à tuer - la critique

Par Terrence Baelen

Sujet original, développement original, ce film de Jean Becker séduit. Dupontel, a fond la forme, nous fait passer d’un extrême à l’autre d’un point de vue émotionnel. C’est correct, efficace, malgré une fin tirant un poil de trop dans le pathos.

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