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Diary of the dead (Chronique des morts vivants) - Test blu-ray

Papy fait toujours de la résistance

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Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h35mn
- Titre original : Diary of the dead
- Prix de la Critique Gérardmer 2008
- Les posters

Un spin-off maladroit et fauché qui s’éloigne de l’excellence horrifique de la saga des morts vivants de Romero pour se concentrer sur son aspect politique. Du cinéma misanthrope qui a les pieds sur terre. On adhère !

L’argument : Des étudiants en cinéma décident de tourner, dans une forêt, un film d’horreur à petit budget. Tombant de manière assez impromptue sur un soulèvement de morts-vivants, ils sont témoins de massacres, de destructions et du chaos ambiant. Ils choisissent alors de braquer leurs caméras sur les zombies et les horreurs bien réelles auxquels ils sont confrontés. Ils tentent de rendre ainsi compte de la situation apocalyptique et de l’appétit féroce des revenants dans un style " cinéma-vérité " documentaire à la première personne.

Notre avis : Après le succès de Land of the dead, les projets de Romero étaient nombreux. Curieusement le septuagénaire, toujours alerte, improvise un tout petit budget (on parle de dix millions de dollars), cent pour cent indépendant et entièrement écrit par lui-même. Libéré du joug des studios, il se fait plaisir en filmant à la façon d’un papy (sur le plan technique le film est has been) des jeunes, accrocs aux nouvelles technologies, au milieu d’un monde au bord du chaos, alors que les premiers morts reviennent à la vie. L‘exercice est artistiquement maladroit, pas franchement fin, mais politiquement passionnant.
S’il réutilise sa sempiternelle figure du mort vivant, l’ancien pape du gore ne fait pas pour autant de Diary of the dead un énième film de zombies. Le danger ici ne provient pas du virus qui décime l’humanité et transforme les morts en créatures cannibales, mais plutôt de l’anarchie qui en découle, des mensonges des politiques qui veulent minimiser la menace ou de la désinformation à travers la multitude de news qui saturent les réseaux et l’entendement. Avec les nouvelles technologies (portables, caméras numériques, internet), certains petits malins s’improvisent journalistes et répondent ainsi à la propagande fédérale. Le net devient alors une source de rumeurs dignes du coup médiatique d’Orson Welles lorsqu’en 1938 sa réinterprétation radiophonique de La guerre des mondes fut interprétée comme l’annonce d’une invasion extra-terrestre provoquant la panique de ses auditeurs.
Plus qu’aux zombies, ici des créatures de l’ombre essentiellement périphériques, Romero s’intéresse au chaos et au mensonge. Il s’interroge sur notre monde contemporain au bord du conflit mondial (l’apocalypse climatique, cela vous dit quelque chose ?) et en tire des conclusions misanthropes d’un pessimisme absolu. Visiblement, le monsieur a un peu perdu foi en l’humanité, même s’il ne maltraite pas pour autant les protagonistes centraux de son récit, des étudiants en cinéma, peu crédibles (et pas toujours bien interprétés), qui décident de filmer les prémices de cette catastrophe par souci de véracité. Ils se font les hérauts de cette fin de règne de l’homme.
Romero, à travers son pamphlet politique, n’en oublie pas le rythme et le gore. Sans chercher à peaufiner le divertissement horrifique pour atteindre les sommets de sa saga (Romero considère qu’il n’a plus rien à prouver et n’est pas là pour faire de l‘esbroufe), il lance de nombreux clins d’œil aux fans. Parcimonieux, les effets sanglants sont toujours percutants, mais il est vrai qu’un peu plus de zombies ne nous aurait pas déplu. Cependant le plaisir jouissif du bonhomme étant de chaque plan, on se surprend nous aussi à jubiler devant ce manifeste de gauche roublard et gaillard auquel on n’est pas loin d’adhérer à sang pour sang.

Les posters


Le blu-ray

Une édition blu-ray plus démunie qu’un DVD : pas très culte tout cela.

Les suppléments

Alors que le DVD regorge de bonus, le blu-ray - pourtant 5 euros plus cher - est à la traîne. Trois suppléments ont été retenus. Tout d’abord une conférence de George A. Romero, 100% geek, sobrement intitulée La parole des morts (15’). Elle permet au cinéaste de revenir une énième fois sur ses premiers films et notamment sur le montage de Zombies par Argento. Un bonus impersonnel qui aurait pu figurer sur le DVD de Land of the dead, sans rapport direct avec Les chroniques des morts-vivants. L’éditeur nous propose ensuite un documentaire sur le design du film. Pendant 20 minutes, des techniciens (notamment le directeur de la photo et la créatrice des costumes) reviennent sur cette expérience cinématographique dans le respect du maître qui, lui, ne nous confie jamais ses intentions.
Enfin l’on découvre le jeu très limité des comédiens dans des apartés plus ou moins extraits du film, où chaque protagoniste se confesse à la caméra. Ils nous infligent un jeu monocorde, sans émotion. Bref, on n’a pas vraiment l’impression que la fin du monde ait sonné.
On notera que l’édition DVD contient en plus des commentaires audio du cinéaste (VOSTF), des interviews du réalisateur et des acteurs, un module sur le maquillage, un autre sur les F/X...

Image & son

Visuellement, le blu-ray tire enfin son aiguille du jeu. Tourné en numérique, même avec un budget ridicule, le film bénéficie d’une retranscription de toute beauté. Couleurs fines, précision du piqué... Certes on ne navigue pas dans les canons hollywoodiens, mais le transfert vidéo dégage d’avantage d’émotion que la copie proposée en salle.
Niveau son, les pistes française et anglaise 5.1 DTS HD Master Audio en imposent plus à l’écrit qu’à l’oral. En gros, elles n’impressionnent jamais, ne délivrant que peu de spatialité et d’effets en tous genres.

Frédéric Mignard


Les avis des internautes

 

> Diary of the dead (Chronique des morts vivants) - Test blu-ray

Par Norman06

Romero, maitre de l’épouvante, n’a pas perdu la main avec cette cinquième variation autour des morts vivants. Sans doute moins brillant que son chef-d’œuvre fondateur de 1968, ce dernier opus ne manque pas de brio. On appréciera une parodie de Blair Witch Project et une réflexion sur le pouvoir des informations via le Net. Secouant.

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