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Disco - la critique

On connaît la musique

- Durée : 1h43mn

Comédie festive, mais surtout facile, Disco accumule les clichés beauf. Une marque de fabrique pour Fabien Onteniente, dont on note enfin des progrès dans la mise en scène. Disque rayé pour humour décontracté. Un carton assuré à réserver aux aficionados du genre.

L’argument : Endetté jusqu’au cou dans une affaire de water bed, Didier Travolta, 40 ans, vit au Havre dans le quartier populaire du Grand Large chez sa maman : Madame Graindorge. Il reçoit une lettre de la mère de son fils Brian, 8 ans, qui vit en Angleterre, lui signifiant qu’il ne pourra pas recevoir le petit cette année s’il n’est pas capable de lui payer des vacances, des vraies vacances, c’est à dire loin des Docks, des PMU et des grandes surfaces. Jean-François Jackson et son associée "La Baronne" viennent de réouvrir le mythique Gin Fizz et de fonder la "Gin Fizz Academy" afin de relancer ce qui fit sa légende, les concours de danse Disco. Le premier prix : un voyage de deux semaines pour deux personnes en Australie, au pays des kangourous. Didier Travolta décide alors de rechausser les boots et de reformer son trio de danse, celui qui faisait mal dans les années 80 dans la région du Havre : les BEE KINGS. Le disco est de retour ! Après avoir retrouvé et décidé ses anciens partenaires, Neuneuil, vendeur chez Darty et Walter, grutier-docker syndicaliste, de reprendre pour la bonne cause le chemin du Dance Floor, Didier Travolta se lance à fond dans l’aventure. Mais les années ont passé. Les BEE KINGS sont rouillés. Son passeport pour le succès s’appelle France Navarre de retour de New York, professeur de danse classique.

Notre avis : Ah, la comédie festive franchouillarde ! Ses Pédale douce, ses Jet set, ses People... Tout une mécanique comique basée sur le stéréotype populaire, qui permet au Français moyen de se gausser des communautés, en gardant la conscience tranquille, car l’esprit, à la limite du sournois, se veut toujours gentil. Mouais. Parfois l’humour se retourne un peu contre le beauf comme dans Camping dont nous avons ici un ersatz amélioré. Les estivants aux espadrilles, buveurs de pastis, ont été troqués contre des ringards qui vivent dans l’ombre des années 70-80, accrocs aux vieilles rengaines disco, aux concours de danse sur les podiums installés au bord des plages et aux guenilles jadis à la mode le temps d’une saison que l’humanité tente désespérément d’effacer de ses registres.
Sacré Onteniente, déjà responsable de trois des quatre comédies citées précédemment, il réitère dans le genre, mixant l’humour des noctambules de People - Jet Set 2 à celui des ploucs de Camping. L’effet est effarant au premier abord tant le bonhomme fonce sur tous les lieux communs morts et vivants du genre. Musique de Michel Legrand (un ancien grand compositeur également coupable de beaucoup de bandes originales franchouillardes) ; caméos improbables de Danièle Gilbert, Francis Lalanne ou Julien Courbet ; second rôle d’Annie Cordy ; utilisaton des enseignes Darty et Buffalo Grill... Tout y passe dans le mauvais goût préféré des Français (après tout si cela se vend, s’écoute, fait de l’audimat ou pis si cela se bouffe, cela ne doit pas être si mal que cela, sic) avec en tête Franck Dubosc qui en fait des tonnes dans le rôle de "Didier Travolta", une variante de son sempiternel personnage de beauf bébête mais attachant.
Force est d’admettre que dans le genre, Onteniente et son complice Dubosc, également co-scénariste, réussissent plutôt bien l’exercice périlleux consistant à rendre des personnages infréquentables amusants et touchants (je sais, je suis généreux aujourd’hui). Dans les seconds rôles, par contre, ça passe ou ça casse. On se demande ce que Béart fait dans cet imbroglio commercial, mais bon, ne s’était-elle pas déjà fourvoyée dans un truc encore plus foireux vaguement intitulé Voyance et manigance en 2001. Le Bihan est curieusement juste, voire même bon, surtout dans ses exercices de danse. Depardieu reste immense dans sa démesure. Isabelle Nanty en baronne à fourrure est hilarante de mauvais goût. Le reste du casting, François-Xavier Demaison en premier, confine au pire de la comédie française incarnant souvent des clichés sur pattes dans la lourdeur la plus indigeste.
Entre de nombreux sourires, quelques fou-rires (ceux des voisins) et un plaisir mené tambour battant par un rythme bien balancé, on s’étonne surtout des progrès techniques d’Onteniente qui propose des images autrement plus ambitieuses que dans ses opus précédents. Camping en premier. Une nette amélioration qui permet à Disco de se regarder sans trop de haut-le-cœur. La comédie française devrait donc une fois de plus scruter les cimes du box office cette année après les cartons consécutifs de Astérix 3 et de Bienvenue chez les ch’tis.

Frédéric Mignard

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