Magnifique hommage de Laurent Perrin à l’une des actrices françaises phares des années 70, décédée prématurément en 1985. Quel gâchis !
Il y avait quelque-chose de troublant, de magnétique chez Dominique Laffin. Cette actrice phare du cinéma français des années 70 qui rencontra le succès chez Jean-Marie Poiré dans Les petits calins (son film le plus accessible), chez Doillon (magnifique en Femme qui pleure), impressionnante dans un second rôle chez Miller (Dites-lui que je l’aime), audacieuse chez Breillat (Tapage nocturne)... Elle incarnait un visage triste de la femme libérée des années 70.
La comédienne au naturel prégnant est morte à 33 ans d’un arrêt cardiaque en 1985, peu après la diffusion de son dernier film au festival de Cannes, Passage secret de Laurent Perrin. Seul ce cinéaste (lui-même décédé en 2011) pouvait lui rendre cet ultime hommage après lui avoir offert un dernier rôle de qualité, salué par la critique de l’époque et dont elle ne put jamais profiter des bénéfices.
Dans ce troublant documentaire de 50mn de 2007, elle retrouve la parole au travers d’extraits de films inestimables, et sa beauté nous frappe instantanément. A 20 ans comme 13 ans plus tard, dans le nocturne Passage secret. Alors que beaucoup de cinéphiles la méconnaissent ou l’ont totalement oubliée, Laurent Perrin donnent l’occasion à de grands noms contemporains, autrefois proches de l’actrice (Miller, Balasko, Poiré...) de se souvenir de cette triste destinée.
Quel gâchis, quelle perte pour le cinéma français, alors que cette écorchée vive, proche d’une Christine Pascal à la destinée parallèle, jusque dans la tragédie, nous rappelle aussi les premiers rôles osés de Binoche, à l’époque de Téchiné (Rendez-vous, aurait pu être un film pour Laffin, avec quelques années de moins pour la comédienne).
Au moins, nous reste-t-il aujourd’hui ce précieux document, disponible dans le très complet coffret de Laurent Perrin.
