Durée : 1h45mn
Titre original : Addio, fratello crudele
Grande tragédie familiale sur fond d’inceste, l’adaptation élisabéthaine de John Ford, reste le plus grand film de Patroni Griffi...
L’argument : Annabella et Giovanni sont frère et soeur. Pourtant ils s’aiment à en mourir. Leur passion va connaître un tournant tragique lorsque leur père décide que sa fille doit épouser un notable de la région...
Notre avis : Réalisé en 1971 mais distribué en France en 1973, Addio fratello crudele et son titre putassier, qui est en fait celui de son auteur, le dramaturge iconoclaste John Ford (Dommage qu’elle soit une putain, 1626), est sans aucun doute le meilleur film de Patroni Griffi. Ce réalisateur peu prolifique, décédé en 2005, complètement effacé de la mémoire des cinéphiles, dirigea pourtant peu après Elisabeth Taylor en 1974, avant de finir sa carrière avec deux productions avec la belle Laura Antonelli, parmi lesquelles l’infâme Péché Veniel, triste représentant du cinéma de genre italien, alors en pleine déliquescence au milieu des années 80.
Dans Dommage qu’elle soit une p..., le cinéaste met en scène dans des décors somptueux une version trash de Roméo et Juliette, où le couple tragique se révèle être un frère et une soeur, séparés, alors que celle-ci est grosse de leur amour, par son mariage forcé avec un notable qu’elle méprise. Avec un final sanglant où la catharsis convoque la mort des principaux protagonistes et où la musique d’Ennio Morricone pare l’atmosphère d’une empreinte morbide, ce petit bijou transalpin des années 70 est surtout l’occasion de redécouvrir la beauté juvénile de Charlotte Rampling, alors bien présente en Italie où elle venait de tourner coup sur coup avec Franco Nero Sequestro di persona (1968) et surtout, Les Damnés de Visconti (1969).
