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Donnant donnant - la critique

Daniel Auteuil chez Isabelle Mergault, bof

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- Durée : 1h40mn

Comédie improbable et romance artificielle, Donnant donnant déçoit.

L’argument : Un homme, Constant, s’évade de prison. Recherché par la police, il se cache dans une péniche abandonnée, proche d’un hameau isolé au bord du canal. De toute évidence, peu habitués à voir des nouveaux visages, ces observateurs de l’ombre se sont transformés en concierge des berges : Jeanne déprimée depuis que son José est mort, Silvia sa fille adoptive, pianiste et qui rêve de toucher l’héritage pour s’installer à Paris, Melchior, le chien... et les voisins qui dansaient sur la péniche du temps de sa splendeur : Horace et sa fille Mauricette, Victor et Martha, Eric et Vincent. Mais une des femmes du hameau a reconnu Constant, elle accepte de se taire à condition qu’il commette un meurtre pour elle...Hélas, jamais rien ne vient comme c’était prévu...

Notre avis : Après les succès de Je vous trouve très beau et Enfin veuve, Isabelle Mergault a eu le feu vert pour réaliser sa troisième fantaisie, d’après son propre scénario. Le poids du box-office a eu raison sur le bon sens de ses producteurs, puisque très vite on se rend compte que le script ne méritait sûrement pas d’être adapté à l’ écran. L’histoire et ses thèmes centraux ne sont guère charismatiques, surtout pour rire : un détenu accusé à tort d’un meurtre s’évade à la suite d’un accident cérébral qui provoque chez lui un vrai désordre du langage, et fini engagé comme tueur chez la fille adoptive roumaine d’une femme dépressive au bord du suicide ! Le pitch est improbable et le résultat forcément cabotin. D’ailleurs, à ce niveau on se surprend à ne pas apprécier le jeu excessif de comédiens qu’on a souvent aimés (Daniel Auteuil a sûrement passé l’âge de jouer au tombeur, Sabine Azéma incarne un personnage pathétique dans le surjeu), comme s’ils ne croyaient pas vraiment à l’histoire racontée par une Isabelle Mergault qu’on a vue dans le passé en meilleure forme (attention, on n’a pas aimé Je vous trouve très beau). Le plus artificiel dans le film reste l’inévitable romance forcée. Le détenu joué par Auteuil va tomber amoureux de la jeune femme qui le fait chanter et réciproquement, en un baiser. On a vraiment du mal à le croire alors que malheureusement l’amour devient dès lors le fil conducteur du film.
Mergault, très bonne dialoguiste, capable de créer quelques situations cocasses et de trouver les bonnes répliques pour faire sourire, aggrave la situation en ajoutant quelques personnages secondaires tous issus de l’inlassable terroir de la caricature bonne franquette. Tout le monde est gentil, jusqu’au romantique coiffeur homosexuel parfaitement intégré aux paysans locaux, et finit un moment donné à danser sur des airs d’accordéon sur une péniche hors du temps ! Mergault, personnalité très rigolote, n’est sûrement pas Jean Becker. Ce petit raté dans une carrière en perpétuelle évolution n’est sûrement pas bien grave et sera d’ailleurs sûrement accueilli par le succès populaire. Il n’entache pas notre capital de sympathie à son égard. On se dit juste que cela sera mieux la prochaine fois. A suivre donc.

La bande-annonce : ICI

Frédéric Mignard


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