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Dos au mur - la critique

Au bout !

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Un thriller récréatif, souvent prenant, dont la portée est ébranlé par un scénario totalement inepte.

L’argument : Un ex-policier, évadé de prison, menace de se suicider du dernier étage d’un hôtel New Yorkais. Rejoint par un psychologue de la police, il monopolise l’attention des autorités cherchant désespérément à prouver son innocence. Pendant ce temps, un braquage se prépare...

Notre avis : Mineur, le thriller Dos au mur fait partie de ces séries B de récréation qui se laissent regarder le cerveau rangé au vestiaire. C’est d’ailleurs la seule condition pour ne pas trouver le résultat totalement atterrant. Avec un point de départ ancré dans la crise économique et la faillite de Lehman Brothers et un discours qui érige l’homme riche parmi les prédateurs sans égard envers le genre humain, le premier film d’Asger Leth, issu du documentaire, est une course contre la montre d’1h40. Véloce, fécond en moments vertigineux et parfois chargé en suspense, son premier essai est nullement désagréable, d’autant qu’il s’assure les arrières de comédiens que l’on aime. Sam Worthington d’Avatar a une certaine présence, Jamie Bell et Ed Harris dans des tranches d’âges opposées nous inspirent la plus grande bienveillance, et Genesis Rodriguez a un charme latin qui confère aux images des ardeurs bienvenues. Toutefois, dans ce récit de prisonnier fugitif au bout du rouleau, qui fomente un plan insensé pour faire éclater la vérité sur son innocence, dans une histoire de vol de diamant inestimable appartenant à l’une des fortunes du pays, les invraisemblances plombent le récit et tendent mêmes au ridicule.
Empruntant parfois les ficelles du buddy movie, du film de braquage ou d’action improbable à la Mission : impossible, le scénario de Pablo F. Fenjves ose tout pour arriver à sa conclusion maladroite, dont un saut dans le vide inepte, qui résume bien la paresse de l’écriture. Pour donner de l’ampleur à cette manipulation désespérée maquillée en tentative de suicide, les producteurs ont quadrillés tout un quartier de Manhattan et offert à la population new-yorkaise un rôle de participation collective, alors que la foule en liesse et exaltée contemple l’homme au bord du gouffre, prêt à se jeter du sommet de la corniche pendant plus d’une heure. Sam Worthington, en victime d’une magouille financière sans pitié, devient alors aux yeux de tous, le symbole de l’Américain moyen contre la Finance, avec en toile de fond une couverture médiatique people pour appuyer une critique contre le système.
Bref, vous voilà prévenus, Dos au mur vous offrira un divertissement sans envergure, que vous oublierez dans la minute, mais qui saura vous faire passer quelques bons moments. A réserver donc aux seuls amateurs de séries B.

Frédéric Mignard


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