Drame conjugal empruntant aux codes du cinéma de genre, El Campo est une oeuvre atypique, qui déconcerte plus qu’elle n’intrigue.
L’argument : Elisa et Santiago se rendent avec Matilda, leur fille de deux ans, dans leur maison de campagne pour passer quelques jours de vacances et envisager les premiers travaux. Loin de la ville, Elisa commence à éprouver des sensations inconnues. Sa vie lui semble vide et dépourvue de sens. Entre elle et Santiago, la méfiance s’installe.
Notre avis : Sortant en salle avec une excellente réputation (prix spécial du jury au dernier festival d’Amiens et prix d’interprétation masculine pour Leonardo Sbaraglia, la vedette d’Intacto et des Proies), El campo ancre la crise conjugale et les angoisses d’un jeune couple qui ne se retrouve plus, finissant même par ne plus se supporter aux lendemains des premiers pas de leur premier enfant, dans une campagne argentine excentrée, l"el campo du titre... La cadre est vite posé : une maison désertée depuis de longues années, où le vide de l’inoccupation suscite bien des interrogations qui se manifestent par des bruits inquiétants. L’horreur pourrait bien se tapir dans un recoin obscur, mais non, le réalisateur Hernan Belon utilise les conventions du genre pour susciter notre curiosité et peut-être relancer notre intérêt qui s’estompe au gré d’une monotonie de rythme. Comme s’il se sentait prisonnier par les propos ténus de son film. L’empreinte des esprits si chers au folklore local n’est pas développée, nous laissant un peu sur notre faim. Dans l’expectative, on s’embourbe dans l’indolence. La tension est là et l’effervescence tempétueuse du couple aussi. Le mari et la femme se cherchent, se trouvent dans les rapports charnels répétés avant de s’éloigner... C’est certes joliment réalisé, avec un cadre soigné, mais le caractère métaphorique et abscons de l’ensemble finit par lasser... Une curiosité, tout au plus.
