Les dragons n’ont décidément pas de chance au cinéma : ils semblent systématiquement voués au navet de luxe.
L’argument : Autrefois, la paix et la prospérité régnaient en terre d’Alagaësia. Les Dragons avaient alors fait don à leurs Dragonniers de pouvoirs magiques, et même de l’immortalité. Aucun ennemi ne pouvait les vaincre... jusqu’à ce que l’un des leurs, Galbatorix, décide de trahir pour s’approprier tous ces pouvoirs et en jouir seul en détruisant tous les autres Dragonniers. Un jeune homme, Eragon, découvre un œuf étrange aux lueurs bleues, qui donne naissance à un Dragon femelle. Il le baptise Saphira. Le temps des Dragonniers est revenu...
Notre avis : Depuis l’immense succès du Seigneur des anneaux de Peter Jackson, les producteurs hollywoodiens ne semblent plus penser autrement qu’en terme de trilogie, confortés qu’ils sont par les fantastiques recettes cumulées par les Matrix et autres Star wars. Le problème vient du fait que les trois films de Peter Jackson ont placé la barre très haut en matière d’épopée luxueuse et il est désormais très difficile de rivaliser. Autant dire qu’Eragon se trouve plutôt dans la catégorie poids plume face au mastodonte de Tolkien. Tiré d’un roman d’heroic fantasy du très jeune Christopher Paolini, ce premier film du spécialiste des effets spéciaux Stefen Fangmeier est loin d’être satisfaisant.
L’histoire, par ailleurs fortement mutilée dans l’adaptation cinéma, n’est pas très originale et nous présente un monde bien peu foisonnant : quelques créatures étranges disséminées çà et là n’ont jamais permis de créer un univers crédible et cohérent. Malgré son budget de plus de cent millions de dollars, Eragon fait terriblement fauché, comme si tout l’argent avait servi pour la bataille finale, plutôt réussie d’ailleurs. La faute en revient à un cinéaste qui se révèle incapable de mettre en valeur ce qu’il filme. D’une platitude exaspérante, sa mise en scène ne sublime jamais son histoire, pas plus mauvaise qu’une autre. Au lieu de peaufiner de manière maniaque, Fangmeier s’est contenté d’emballer le tout sans inspiration : les costumes sont souvent kitsch, les dialogues sont parfois à pleurer de rire à force d’être sentencieux - "le courage ne sert à rien sans le cœur" ou autres "demain est un autre jour" - enfin l’interprétation du fadasse Ed Speleers laisse franchement à désirer. Finalement, l’ensemble s’apparente bien plus aux bonnes vieilles productions Disney des années 70-80 qu’à la grande fresque épique promise. Cela contentera sans doute les petits garçons, mais les adolescents et les adultes resteront plus dubitatifs devant ce produit standardisé, tellement balisé qu’il en devient prévisible du début jusqu’à sa fin ouverte. Pourtant, il n’est pas certain de voir un jour le second volet, que nous n’appelerons pas de nos vœux.

Le Blu-ray

A l’image du film, une édition dépourvue de tout intérêt, impulsée par l’échec en salles.
Les suppléments
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Une bande annonce en guise de bonus, c’est maigre pour cette franchise qui s’est contentée finalement d’un seul volet, tant la déception fut de mise au box-office mondial.
Image & son
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Sorti lors du premier semestre, ce blu-ray ne relève guère le niveau de cette grosse série B. L’irrégularité des images, tantôt floues, tantôt lumineuses, mais globalement satisfaisantes, rajoute à la déception ressentie face à cet avorton de blockbuster.
Le son DTS 5.1 HD en VO est valeureux, rehaussant le niveau d’un film qui aurait pu s’avérer soporifique sans les effets nombreux qui s’engagent avec virulence sur 5 enceintes. La VF, moins puissante, reste tout à fait acceptable, malgré un doublage pas toujours subtil.