Durée : 1h28mn
Cette deuxième collaboration Jean Girault / Louis de Funès est une sympathique comédie qui ne fonctionne que sur l’abattage comique du grand Louis. Le scénario, lui, semble s’être perdu dans les tunnels menant à la banque.
L’argument : Victor Garnier est ruiné. Il n’a plus un sou pour avoir fait confiance à un banquier, M. Durand-Mareuil, et ainsi fait de mauvais placements de ses précieuses économies. Il décide alors d’organiser le casse de la banque responsable dans l’espoir d’y récupérer son bien. Il met toute sa famille à l’ouvrage pour creuser un tunnel qui le mènera de sa cave à cette fameuse banque située juste en face de chez lui...
Notre avis : Jean Girault et Louis de Funès viennent tout juste de connaître un gros succès ensemble en juillet 1963 grâce à leur première collaboration nommée Pouic-Pouic quand ils choisissent d’enchaîner immédiatement avec ce Faites sauter la banque ! (1964) qui se veut une exploitation du fameux classique de Mario Monicelli Le pigeon (1958). Malheureusement, loin d’être à la hauteur de ce prestigieux aîné, le nouveau métrage du tandem est une comédie inoffensive dont le seul véritable intérêt vient de la prestation de Louis de Funès, déchaîné et souvent hilarant. Quittant le temps d’un film ses habits de grand patron d’industrie, il incarne cette fois-ci un petit commerçant spolié par son escroc de banquier. Dès lors, toute sa petite famille participe à un casse destiné à rétablir l’équilibre financier. Avec une bonne dose de populisme, Jean Girault se sert de ce prétexte pour aligner quiproquos incongrus et gags faciles uniquement destinés à alimenter la fougue de son acteur principal. Et de fait, si l’on enlève l’abattage formidable de de Funès, il ne reste absolument plus rien de ce petit vaudeville charmant, mais inconséquent.
Dépourvu de la moindre idée de mise en scène, Faites sauter la banque ! est symptomatique des défauts futurs de Jean Girault, réalisateur quelconque et impersonnel qui a eu la chance d’avoir sous la main une force comique imparable. Au final, cette farce gentillette a établi un peu plus le statut de star montante du grand Louis en glanant tout de même près de deux millions d’entrées dans toute la France, ce qui est plutôt considérable au vu de la légèreté du produit fini. Rien à voir toutefois avec la déferlante du Gendarme de St Tropez qui allait sortir cinq mois plus tard avec le triomphe que l’on sait (plus de 7 millions d’entrées quand même). Divertissant malgré son scénario anémique, ce second opus ne reste donc pas parmi leur meilleure production commune.