Très proche du premier volet, cette suite en retrouve la saveur par son adroit cocktail d’aventures rocambolesques et d’humour vaudevillesque.
L’argument : L’inspecteur Juve et ses compagnons commencent à connaître les méthodes diaboliques de Fantômas. Aussi, lorsque le professeur Marchand disparaît mystérieusement, l’étrange personnage masqué est immédiatement soupçonné. Mais Juve et ses acolytes sont pris à leur propre piège...
Notre avis : Après avoir attiré dans les salles françaises quasiment 4,5 millions de spectateurs, toute l’équipe du premier Fantômas de 1964 reprend immédiatement du service dans cette suite qui se conforme au cahier des charges défini lors du premier opus. Etant devenu entre-temps une super-star du box-office, le comique Louis de Funès se voit offrir un rôle sur mesure où il peut, à l’instar d’un Jean Marais toujours en forme olympique, donner libre cours à sa fantaisie débridée. Les deux compères multiplient les déguisements les plus saugrenus afin de confondre le mystérieux criminel masqué. Tournée rapidement, mais avec un soin qui éclate à chaque plan, cette suite bénéficie de décors extravagants, de costumes imaginatifs et d’une photographie qui joue le jeu du kitsch en faisant se cotoyer des couleurs primaires préfigurant les délires psychédéliques de la fin des années 60. On pense inévitablement aux recherches esthétiques d’un Mario Bava qui, lui-même, rendra hommage aux serials quelques années plus tard.
Mêlant adroitement intrigue romanesque et humour primesautier, ce deuxième opus encore signé André Hunebelle est toujours aussi éloigné de l’oeuvre originale de Souvestre et Allain, mais distille un charme fou de par sa totale immersion dans une esthétique pop typique de ce début des années 60. Grâce à l’abattage de Louis de Funès, au charisme de Jean Marais et au charme de Mylène Demongeot, Fantômas se déchaîne est une nouvelle démonstration de la qualité d’un certain cinéma populaire français et ceci même si cela a profondément déplu aux défenseurs purs et durs de l’oeuvre littéraire originelle.
Suivant les traces du premier opus, ce deuxième volet a réussi une fois de plus à glaner 4,1 millions d’amateurs d’aventures rocambolesques. Un autre triomphe ayant permis la mise en route d’un troisième segment, toutefois plus faible que les deux précédents.