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Far away, les soldats de l’espoir - la critique + le test DVD

De bruit et de fureur

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- Sortie du DVD : 1er août 2012

Véritable Michael Bay coréen, Kang Je-kyu signe l’un des films de guerre les plus impressionnants jamais vu. Au détriment de toute subtilité !

L’argument : Normandie, juin 1944. Dans les rangs de l’armée allemande, les alliés découvrent deux soldats venus de l’autre bout du monde. Faits prisonniers par les Soviétiques puis les Allemands, ils ont combattu dans trois armées, sur tous les continents, et traversé plus de 12 000 km à travers la Seconde Guerre mondiale. Leur exploit est resté inconnu jusqu’à ce jour...

Notre avis : Pourquoi faire exploser deux chars lorsque l’on peut en atomiser une centaine ? Pourquoi se contenter d’une bataille sanglante quand on peut en filmer trois ? Pourquoi détruire un quartier quand on peut éradiquer de la surface une ville entière ? Autant de questions que le réalisateur Kang Je-kyu, déjà à l’origine de l’emphatique Frères de sang, ne s’est pas posé longtemps. Disposant d’un budget colossal de plus de 25 millions d’euros, de plus de 16 000 figurants, de cinq caméras tournant simultanément et d’un nombre impressionnant d’effets spéciaux numériques, le réalisateur a pu donner libre cours à son péché mignon : le délire pyrotechnique.
Véritable Michael Bay asiatique (aucun plan ne dure plus de cinq secondes), le réalisateur ne s’embarrasse jamais de nuances. Lorsque ses personnages sont tristes, ils hurlent à la mort. Lorsqu’un conflit éclate entre prisonniers, le règlement de compte se doit d’être sanglant. Enfin, quand il évoque les camps de prisonniers situés en Union Soviétique, le cinéaste n’hésite pas un instant à filmer des fours crématoires où sont jetés les cadavres en putréfaction. Là encore, Kang Je-kyu ne semble pas une seconde douter du bien-fondé de cette surenchère que l’on peut trouver moralement discutable. Bref, ceux qui ont fait partie des détracteurs de son précédent opus feront l’amer constat suivant : l’auteur n’a pas évolué d’un iota.
Faut-il pour autant jeter l’intégralité du métrage à la poubelle ? Loin de là, puisque Far away est sans doute l’un des films de guerre parmi les plus impressionnants jamais tourné. Les trois séquences de bataille sont tout bonnement dantesques avec une débauche de moyens qui aurait fait pâlir de jalousie David Lean. A l’aide d’un montage efficace qui confine à l’hystérie, le cinéaste nous plonge au cœur des combats - parmi les plus sanglants jamais vus. Parfois très gore, le résultat à l’écran est tout simplement époustouflant. Au milieu de cette folie furieuse, les personnages ont tendance à être légèrement dilués et leur psychologie tient la plupart du temps sur un ticket de métro. Mais Kang Je-kyu marque un bon point lorsqu’il renverse son propos à mi-parcours : baignant dans un patriotisme de mauvais aloi durant sa première heure, Far away opère une mutation idéologique salvatrice. Au fur et à mesure des combats, il renvoie dos à dos toute forme de fanatisme (qu’il soit japonais, soviétique ou allemand) et démontre même que certains esprits faibles peuvent devenir tour à tour victimes et tortionnaires. Toutefois, la palme revient au magistral retournement de situation final qui brouille définitivement les cartes et anéantit pour de bon toute forme de nationalisme.
Oui, le spectacle est bigger than life ! Oui le mélodrame est appuyé par une musique grandiloquente ! Oui, le cinéma coréen utilise encore des ficelles énormes afin de susciter de fortes émotions chez les spectateurs ! Mais tous ceux qui aiment ces excès et cette générosité dans la débauche d’effets, peuvent se ruer sur cette édition vidéo les yeux fermés. Ils en auront pour leur argent.


Le DVD :
Une édition tout à fait satisfaisante sur le plan technique. Dommage que le DVD ne comporte pas l’intégralité du making of proposé sur le blu-ray.

Les suppléments :

L’édition DVD ne comporte malheureusement qu’une version courte (10 minutes choisies un peu au hasard) du long making of présent sur le blu-ray (près d’une heure et quinze minutes quand même). Le peu qui nous est donné à voir nous renseigne sur la genèse du projet et sur le choix des acteurs. Rien par contre sur le financement, ni sur les effets spéciaux. Décevant dans cette forme tronquée.

Image :

Pour un DVD on n’est pas loin de la perfection avec une définition impressionnante, un piqué satisfaisant et des couleurs superbes. On imagine ce que cela doit donner en blu-ray !

Son :

Une pure tuerie. Que ce soit en DTS pour la version française (bien doublée, ce qui est rare pour un film asiatique) ou en version coréenne en simple 5.1, toutes les enceintes sont sollicitées à longueur de temps. Le film étant totalement hystérique, vous allez transformer votre salon en champ de bataille durant plus de deux heures. Vos voisins vous détestent déjà !

Virgile Dumez


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