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Durée : 2h
Le réalisateur des Choristes signe un monument du film populaire à la française, gratiné de nostalgie et de bons sentiments, qui, qu’on aime ça ou non, s’érige comme une célébration réussie du Paris des quartiers des années 30.
L’argument : Dans un faubourg populaire du nord de Paris en 1936, l’élection printanière du gouvernement de Front Populaire fait naître les plus folles espérances et favorise la montée des extrêmes. C’est là que trois ouvriers du spectacle au chômage décident d’occuper de force le music-hall qui les employait il y a quelques mois encore, pour y monter un "spectacle à succès". Le lieu sera le théâtre de la plus éphémère des belles entreprises.
Notre avis : Le nouveau Christophe Barratier, qui fait revivre le music-hall parisien des quartiers populaires d’avant-guerre, a des airs lointains de La môme. Pourtant le cinéaste, connu pour son triomphal Les choristes, un monument à la vieille France, n’a pas choisi l’angle bobo, faussement vieillot, et totalement moderne pour retranscrire l’Hexagone de l’époque, choix pour lequel avait opté le fougueux Olivier Dahan. Barratier a ainsi préféré rester fidèle au public âgé des quartiers ou des campagnes, ainsi qu’aux bonnes familles de France (écoles privées, catéchisme et compagnie, vous en connaissez tous près de chez vous, si, si...) de son film précédent.
Sa célébration du music-hall, si elle emprunte des plans à cette Vie en rose de Dahan (Nora Arnezeder filmée de dos, face au public, cela ne vous rappelle rien ?) s’exprime avec ses propres codes, son esthétique millimétrée et un casting parfaitement calibré (Jugnot, Kad Merad et Clovis Cornillac, pour vous mettre la puce à l’oreille). Elle impose une vision d’un cinéma français sur une nation patriote qui n’est plus, entre fantasme sincère d’un auteur fasciné par l’époque et l’exploitation de formules qui ont fait leurs preuves au box office (celles de Monsieur Batignole ou des Choristes, où l’émotion passe par le sacrifice du bon Français pour sauver les culottes courtes de l’époque).
De la bonhommie altruiste, il n’en manque pas dans ce Faubourg 36 où il est question de la corruption, du chômage des bons face à la montée du capitalisme, de romance entre jeunes vieux menacés par l’avidité des riches, moins beaux et moins talentueux. Cela parle aux catégories défavorisées qui ne peuvent que se retrouver dans le manichéisme dépeint, teinté de gauchisme assumé, mais également à la vieille France, plus à droite, ravie de retrouver la rectitude salutaire d’une France sans « djeunes » où la musique de variété rassemblait le pays. C’est un commentaire, pas qu’une critique.
La critique, elle, s’avère positive, malgré tout. Barratier met en scène avec un talent rare (dans ce genre de production) un Paris de fantaisie sous les traits du Faubourg 36, quartier de cinéma idéal, entre décors et artifices, nourri aux songes, aux souvenirs historiques et à la cinématographie de l’avant-guerre. Il conte avec des moyens stupéfiants (photo, musique, costumes...) une histoire éternelle de famille décomposée, d’ambition arriviste et d’amour compromis, délicieuse dans son écriture, animée dans sa réalisation, où chaque comédien fait son grand numéro alors que notre adhésion au spectacle se heurte finalement au diktat des bons sentiments.
Les amateurs du genre n’auront donc aucune difficulté à exulter devant cette œuvre somme, feu d’artifices impressionnant d’un cinéma de (grand)papa. Ses détracteurs, eux, sortiront irrités devant cette synthèse parfaite de toutes leurs haines cinématographiques, quitte à être de très mauvaise foi face aux talents déployés par un cinéaste vraiment prometteur.
Le DVD

Une édition bien conçue qui rend joliment hommage au travail d’une équipe ambitieuse.
Les suppléments
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L’essentiel des bonus se résume en un making-of passionnant, long de 53mn, qui revient sur la construction même du décor gigantesque à Prague jusqu’à sa démolition. On assiste à toutes les étapes du tournage, avec les commentaires pausés, dépourvus de toute prétention de Christophe Barratier. L’entreprise est énorme. Dommage que les résultats en salles n’aient pas été à la hauteur de l’événement.
Le DVD propose ensuite pas moins de 16mn de scènes supplémentaires, coupées pour ne pas ralentir la progression narrative. Il s’agit là, exclusivement, de numéros musicaux. On les réservera aux passionnés de music-hall. Les autres peuvent se féliciter de cette initiative. Trop de musique dans Faubourg 36 aurait sûrement tué la musique.
Pour clore la partie suppléments, l’éditeur a inséré une bande annonce et une galerie photos. Du beau travail.
Image
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L’ensemble est visuellement enthousiasmant. Film haut en couleur, Faubourg 36 s’accompagne en DVD d’un piqué d’une grande précision et s’offre une palette de couleurs impressionnante. Les noirs ne sont pas en reste et confirment la qualité de la copie.
Son
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On peut s’étonner de l’absence de toute piste DTS, réservée exclusivement au blu-ray. Un film ample et musical comme celui-ci méritait le meilleur du son dans les limites de son support. Ne soyons tout de même pas trop exigeant, la piste Dolby Digital 5.1 proposée ici est un vrai bonheur pour l’oreille et clame ouvertement son amour pour la musique et le cinéma.

Passionné de musique, Christophe Barratier fait preuve dans son premier long métrage d’une réelle maîtrise technique et d’un vrai talent de conteur.