Après Pollen et Les ailes pourpres, la dernière production Disneynature s’inspire du succès du Roi lion en redonnant à sa majesté des savanes le premier rôle, dans une oeuvre belle et souvent impressionnante.
L’argument : Félins nous présente trois personnages face à leurs destins : Mara, fille d’une lionne blessée mais obstinée trouvera-t-elle sa place dans le clan ? Sita, courageuse femelle guépard, mère célibataire de cinq nouveau-nés, parviendra-t-elle à protéger ses petits des prédateurs qui les guettent et Kali, lion majestueux parviendra-t-il à reconquérir son territoire avec l’aide de ses fils ?

Notre avis : L’échec impitoyables des productions Disneynature sur les flamants roses (Les ailes pourpres) et les pollinisateurs (Pollen) n’a pas sonné le glas du documentaire animalier, comme le mondre le majestueux Félins. Cette oeuvre de proximité avec les deux plus gros chats d’Afrique, d’un côté le lion et son harem, et de l’autre le guépard et ses trois enfants espiègles, offre, en cinémascope, deux aventures parallèles qui viennent se recouper le temps d’une scène du récit (en VF, c’est Pascal Elbé qui narre). Deux histoires pour le prix d’une avec des acteurs dont les pattes gigantesques et les gueules mythiques viennent à caresser l’écran tellement la caméra s’approche au plus près de ces dangereux animaux.
Les bêtes impressionnent, de par leur beauté, leur comportement solitaire ou en groupe. On apprend à les approcher et à s’insérer dans leur clan. Leur aventure d’une vie est universelle et évoque les trajectoires humaines. La jeunesse pleine de vie et de malice des petiots, la vigueur des adolescents qui doivent apprendre à chasser pour s’affranchir des parents, puis l’âge de la maturité où les responsabilités sont partagées, notamment chez les lions claniques, avant le déclin du troisième âge. Ils doivent se serrer les griffes pour traquer dans des stratégies communes et protéger leur espace des menaces extérieures, notamment de l’avidité d’autres lions plus robustes, qui profitent de la décrue pour traverser le fleuve rempart où grouillent les crocodiles, pour étendre leur territoire. Très capitaliste ces félins qui en veulent toujours plus ? On connaît la chanson.
La société Disneynature, créée maintenant il y a 4 ans, en 2008, trouve-là des vedettes d’une majesté exceptionnelle qui parle immédiatement plus à nos oreilles et à nos yeux que les insectes fluets ou les bancs de flamants des précédents métrages de la société. Documentaire supérieur à ses aînés, Félins captive dès les premiers instants. Fascinés, on aime se jeter dans l’arène des fauves, tantôt placides, tantôt féroces, dans des décors plus grands que nature. La photographie aux tonalités chaudes retranscrit magnifiquement les couleurs d’un monde intemporel, une contrée sans homme, au coeur des vastes plaines du continent qui nourrit l’imaginaire des enfants depuis la nuit des temps.
Les auteurs du documentaire, Alastair Fothergill (Un jour sur Terre, Planète bleue) et Keith Scholey (ancien directeur du département histoire naturelle de la BBC, qui a supervisé des séries comme The Life of birds, The Life of mammals, Planète bleue...) se défendent d’avoir recouru à une transformation des comportements ou à réécrire la réalité des savanes. Ils filment des instants uniques, captés sur deux années, entre 5h30 du matin et 19h30 chaque soir, comme le face à face royal entre un lion et un crocodile à la mâchoire infernale. Parfois le documentaire dévoile l’insolite.
On pourrait reprocher à la démarche de vouloir expliciter les aventures par les mots. C’est un spectacle pour enfants, avec donc une histoire contée pour capter leur attention. Toutefois, la pédagogie est préférée à l’anthropomorphisme qui diminuent toujours les spectacles de ce genre. Dans ce travail d’esthète à la saveur picturale des journées africaines arides, les adultes seront happés par la vigueur des animaux et apprécieront les plans grandioses, quand les enfants se laisseront davantage guidés par les récits de Fang, un vieux lion miteux détrôné, de Layla, sa lionne ostracisée, ou de Sita, le guépard, magnifique mère courage qui élève seule ses trois enfants, dans la course constante. Avec sa vélocité, on ne la plaindra pas.
Face aux fauves du Masai Mara, cette gigantesque réserve naturelle du Kenya, le coup de coeur est immédiat ! Les mômes en voudront tout de suite un pour Noël ! On se contentera de leur offrir la peluche ou le blu-ray, c’est que cela prend de la place ces bêtes-là ! Cela tombe bien, pour accompagner la sortie prestigieuse du film, Disney a prévu une quantité de peluches à grosses pattes et bonnes bouilles, des albums illustrés, des jeux, stickers et un superbe livre de photos. On se laisserait presque tenter par cette avalanche mercantile.

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Par roger w
Beau documentaire effectivement, avec des images splendides et des animaux absolument craquants. On se laisse facilement avoir par l’aspect très émotionnel du métrage. On peut simplement regretter la présence d’une musique décevante, à la fois trop pompeuse et en même temps qui manque d’un thème fort. L’ensemble se regarde avec un plaisir réel et les enfants vont adorer.