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Five obstructions

Dogme méchant

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- Durée : 1h30mn

Une expérience résolument ludique qui devient une authentique leçon de cinéma.

L’argument : Avec Le miroir de Tarkovski, The perfect human de Jorgen Leth est l’un des films que Lars Von Trier vénère le plus au monde. Comme Tarkovski n’est plus de ce monde, sa victime sera donc Jorgen Leth à qui il demande de tourner cinq remakes de ce court-métrage. Obstructions à la clé.

Notre avis : Loin des mélos puissance Cannes et autres histoires bouleversantes qui déchirent le cœur (Breaking the waves, son meilleur film), Five obstructions est une parenthèse documentaire dans la filmo d’un cinéaste qui adore expérimenter et triturer les figures imposées des genres (la comédie musicale faussement optimiste et ses clichés niais retournés comme des crêpes dans le subversif Dancer in the dark). Cette fois-ci, le Lars a - très bonne nouvelle - décidé de se faire encore plus méchant et grinçant qu’à l’accoutumée en appliquant ses principes totalitaires sur le pauvre Jorgen Leth qui doit refaire cinq fois son film avec des consignes du genre strict. Le réalisateur d’Europa a un but secret : celui de faire de cet "homme parfait", un être banal, insignifiant.
Cette expérience (parfois dérangeante) est digne d’intérêt parce qu’elle ne concerne plus deux cinéastes qui font mumuse entre amis. De fil en aiguille, elle devient une authentique leçon de cinéma qui vous fait prendre conscience des limites à ne pas franchir. Jusqu’où peut-on aller dans la provocation ? Est-ce que, par amour de l’art, on doit oublier sa bonne conscience pour aller tourner une scène dans le lieu le plus sordide au monde ? Parallèlement, Five obstructions est doublé d’une réflexion plutôt pertinente sur le processus de création. Un peu à la manière d’Epidemic, le second long-métrage de Lars Von Trier, qui oscillait entre docu et fiction et démontrait que des éléments de la vie de tous les jours pouvait s’intégrer dans un récit. A l’époque, on apprenait que le dessein de Lars était de faire des films qui soient aussi gênants qu’un caillou dans une chaussure. Ce film résolument ludique en est un gros. Sans doute parce qu’il n’hésite pas à aller jusqu’au bout de son procédé, s’amuse des commandements péremptoires et of course parodie un fameux Dogme mis en place par un certain Lars...

Romain Le Vern




Biographie

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