Un thriller aérien oppressant, à l’interprétation et la réalisation soignée, qui souffre d’un final ridicule. Encore une fois, merci les scénaristes.
L’argument : En plein vol entre Berlin et New York, la fille d’une des passagères de l’avion disparaît mystérieusement. Alors qu’elle cherche désespérément à comprendre, aucun voyageur n’admet avoir vu sa fille...
Notre avis : Le premier film hollywoodien du cinéaste allemand Rober Schwentke est une semi-réussite. Conscient de jouer l’avenir de sa carrière sur le territoire américain et bénéficiant pour la première fois d’un budget cossu, il a donné le meilleur de lui-même dans cette œuvre de commande dont la seule légitimité repose sur le pitch de départ, en l’occurrence ici la disparition improbable d’une enfant dans un lieu clos. Restreint par une unité de lieu claustrophobique, Schwentke investit parfaitement l’espace aérien avec sa caméra fluide et adroite qui s’infiltre dans les moindres recoins de l’avion pour nous offrir des plans visuellement efficaces. On est loin du pantouflard Red eye sorti il y a quelques semaines. Ici l’influence de David Fincher, jusque dans le montage tarabiscoté, plane sur la production qui s’apparente énormément à son dernier long métrage, Panic room. Les points communs entre Flight plan et ce dernier sont saisissants, puisque dans les deux cas nous avons affaire à des thrillers tournant autour de Jodie Foster qui interprète une mère modèle, esseulée et isolée, qui doit se battre pour sauver son enfant. Malheureusement, comme dans le dernier Fincher, Flight plan flirte bon avec l’idéologie conservatrice douteuse quand l’héroïne en furie doit botter l’arrière-train du méchant en se débarrassant de lui de manière définitive (sic).
Une fois l’énigme de la disparition résolue, Flight plan s’enlise dans le plus consternant des scénarios, dissipant dès lors l’intérêt des spectateurs. Les scénaristes ont préféré recourir à l’explication la plus terre-à-terre et la plus bancale qui soit. Il aurait mieux valu qu’ils exploitent la piste de la folie potentielle du personnage principal ou qu’ils établissent une thèse fantastique pour nourrir le suspense et le mystère jusqu’au bout, car une fois l’ambiguïté évacuée, c’est le manichéisme primaire qui lui emboîte le pas.
Jodie Foster, en bonne professionnelle qu’elle est, incarne son rôle de mère avec conviction. Elle est épatante, comme toujours, mais ce choix de carrière s’avère être décevant quand on sait à quel point l’actrice est devenue rare à l’écran. Finie l’exigence du passée, comme bien d’autres, Jodie s’est résolue à un choix opportuniste pour relancer sa carrière sans efforts. Vu le peu de rôles intéressants que l’on propose aux actrices quadragénaires à Hollywood, peut-on vraiment la blâmer ? Flight plan, fort de son succès international, est probablement un très bon plan pour elle. Il est seulement dommage qu’on n’ait pas pensé à associer le spectateur à cette dynamique.

Par alinea
Une atmosphère intéressante par le huis clos bien que le début soit un peu long. La psychologie des personnages se fait la part belle du scénario un peu tiré par les cheveux. Pas extraordinaire mais prenant quand même.
Par gahell
L’idée de base de ce film est amusante : en effet, comment imaginer perdre un enfant dans un avion ? Même si c’est un avion un peu surréaliste (j’y connais rien en avion, mais c’est pas un charter, ce truc !). Même hélas, cette idée n’est au final pas trés bien exploité. La fin du fin est fort classique, pas de rebondissement de dernière minute. Et au risque de "spoiler", je me permettrais de dire que le "méchant" monte vraiment un plan trés tordu pour pas grand chose... Coté purement technique, rien à redire. Ce huit clot aérien ne nécessite pas moult (...)