Un joyeux bordel mélangeant violence et sexe, humour bourrin et cascades à gogo, le tout avec pléthore d’effets 3D qui sautent hors de l’écran. L’expérience pleine de rage finit tout de même à virer Z.
L’argument : Milton est prêt à tout pour rattraper les fanatiques qui ont assassiné sa fille et kidnappé le bébé de celle-ci pour le sacrifier à la prochaine pleine lune. Avec la séduisante Piper, il se lance à la poursuite de Jonah King et ses adeptes, du Colorado à la Louisiane. Pourtant, le chasseur pourrait bien devenir le gibier... Un homme mystérieux aux pouvoirs surnaturels, le Comptable, est lui-même à la recherche de Milton.
Alors que la route devient le théâtre d’une véritable vendetta, une course-poursuite en cache une autre. Milton pourra-t-il rattraper King avant que le Comptable ne lui mette la main dessus ? Carburant à la rage et au bolide, Milton va poursuivre sa mission. Il n’a que trois jours...
Notre avis : De la rencontre entre le réalisateur de Meurtres à la Saint Valentin 3D, Patrick Lussier, et du comédien le plus navrant d’Amérique, Nicolas Cage, on n’en attendait rien d’exceptionnel au vu du passif de chacun, mais on obtient tout de même quelque-chose de surprenant au coeur du paysage cinématographique américain peu enclin à ce genre de blague de mauvais goût. C’est que les deux compères se sont offerts une vraie virée dans le Z trash et bourrin, assumant la violence excessive et l’extrême nudité de leur OVNI dégénéré, malgré toutes les conséquences économiques que cela peut avoir sur la carrière potentielle du film. En gros, il fallait l’oser, ils l’ont fait...
Le road-movie en belle caisse suit les péripéties musclées d’un défunt père qui s’est échappé de l’enfer pour poursuivre la secte malfaisante qui a sauvagement sacrifié son adolescente. Comme le retour à la vie n’est pas dans le cours normal des choses, un "comptable" a été envoyé pour le remettre à sa place chez Satan, présenté ici comme simple gardien de prison. A partir de ce pitch rocambolesque, tous les personnages d’errance sur lesquels on va tomber, principalement des culs-terreux ou des apôtres de Satan déglingués des méninges, vont nous servir des dialogues arrosés où le gros mot remplace le mot simple, où la femme n’est que bimbo déchaînée et souvent intégralement déshabillée (Lussier nous en avait déjà donné un aperçu lors de la scène de motel de Meurtres en 3D), où les corps explosent dans un retentissement de balles constants...
Démonstratif à souhait, Hell Driver donne dans l’exploitation putassière et évacue volontairement toute notion de subtilité. Le personnage de l’inénarrable Nicolas Cage (et encore une coupe de cheveux improbable à son palmarès) est d’ailleurs décrit par l’un de ses potes comme le contraire de la subtilité ! Aussi, dans ces conditions, il n’est pas étonnant que ce film tourné en 3D (c’est dans le titre marketing du film !) déballe les gros effets. Depuis la réinvention de la 3D par le B movie (c’était quand même avant Avatar !) avec Destination finale 4 ou justement Meurtres à la Saint Valentin, jamais le procédé n’a autant exploité les jets de projectiles et les explosions en tous genres. Si le relief est beau (image pure, aucun flou, profondeur d’écran naturelle), il sert surtout à nous en mettre plein la gueule en nous balançant un flot d’effets gratuits comme au bon vieux temps de la 3D anaglyphe.
Cette apothéose trash et pompière qui n’est pas sans nous rappeler le Boulevard de la mort de Tarantino, le rythme en plus et les bavardages en moins, n’est pas pour autant à ranger parmi les classiques de la série B burinée. A force de roublardise, les intentions foncent droit dans le mur, celui du gros Z qui tache. Faute de réelles prouesses de réalisation (on est très loin du talent de technicien de Tarantino, justement) et d’acteurs de carrure, ce joyeux bordel, certes très divertissant, parfois jouissif et en tout cas toujours fun, s’écarte finalement du cinéma culte pour finir dans la grosse blague potache. Y en a qui vont haïr ce film...
La bande-annonce :ICI

Par cineboy
Pas vraiment fun, plus proche du navet que du nanar et avec une utilisation de la 3D discutable, Hell Driver confirme que Nicolas Cage enchaîne les projets peu glorieux...