Durée : 1h40mn
D’après le roman de Lolita Pill
Un drame pour midinettes tout juste bon à emballer les 15-16 ans qui y verront un cri de désespoir déchirant. Les plus vieux devront s’abstenir afin d’éviter de se noyer dans un abîme de superficialité nocif pour leur santé mentale.
L’argument : Hell est une riche parisienne gâtée par la vie. Pourtant, elle erre dans le milieu cynique de la nuit, s’adonnant à la défonce et à la débauche. Jusqu’au jour où elle rencontre Andrea, son pendant masculin, dont elle tombe éperdument amoureuse...
Notre avis : La déchéance du gosse friqué passe par l’abandon du père. Prenez un échantillon de jeunes jet setters que papa délaisse pour se consacrer à ses affaires. Plongez-leur le nez dans la coke, et vous aurez probablement un aperçu de ce qu’il y a de plus détestable sur cette terre. Des enfants gâtés qui ne savent pas quoi faire de la fortune du paternel et qui donc se consument en orgies, beuveries et autres drogues. Eh oui, bienvenue en enfer (Hell, le titre, faisant lourdement référence au prénom de l’héroïne), un authentique cliché sur pellicule qui se veut profond et représentatif d’une certaine douleur humaine. Evidemment, peu d’entre nous se reconnaîtront dans ce portrait détestable d’une jeunesse carrément à l’ouest (de Paris, cela va sans dire). Rarement aura-t-on vu autant de personnages aussi horripilants dans un seul et même film. Leurs tergiversations sans fin les écartent du monde réel pour les cloisonner dans l’univers d’un roman-photo glauque où le premier degré du cinéaste est rédhibitoire. La mise en scène, sans aucun discernement, enchaîne les scènes répétitives et futiles, et passe à côté du vrai drame de ces jeunes vies gâchées. N’offrant à ses personnages aucune évolution positive qui puisse émouvoir le public, Bruno Chiche (Bernie et ses petites contrariétés) entraîne dans son bourbier Sara Forestier et Nicolas Duvauchelle, les deux jeunes interprètes principaux, qui se démènent pourtant comme des diables pour habiter leur rôle avec passion et émotion. Mais l’imbécillité du script [1] l’emportant sur leur fougue, le bide intégral n’est pas évité. Bref, un véritable enfer pour les spectateurs.
[1] A la hauteur de l’imbécillité du roman dont il est adapté, Hell, de Lolita Pill, publié chez Grasset en 2003