Hellphone

Evil speaks

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Une comédie d’épouvante pour les "djeunz" par le réalisateur de Brice de Nice. Du cinéma opportuniste, parfaitement calibré pour son public qui s’en délectera jusque dans les cours de récréation. Délirant, effarant ou consternant. En fonction de l’âge du spectateur.

L’argument : Skater fan d’ACD/DC, en première dans un lycée parisien, Sid rêve d’un téléphone portable. Avec lui, il pourra séduire Angie, sublime jeune fille fraîchement débarquée de New York, pendue pour l’instant au bras de Virgile, le playboy de l’école. Mais le téléphone que Sid achète dans cet étrange bazar chinois se révèle avoir d’étranges pouvoirs... Hellphone a choisi Sid. L’amitié avec Pierre, son ami d’enfance, et l’amour pour Angie sauront-ils résister à la relation passionnelle entre Sid et son téléphone ?

Notre avis : Voilà une comédie fantastique très années 80 dans l’âme et dans sa texture. Avec ses lycéens petits bourgeois façon La boum sous amphétamines et son sujet de possession d’ado par un objet diabolique, qui n’est pas sans rappeler l’histoire d’amour métallique entre Christine la voiture de John Carpenter et son jeune propriétaire Arnie, Hellphone est un hymne au titi parisien rigolard et à ses outils de survie (voiture de luxe, portable, Ipod, vêtements streetwear...). Tout y est pour flatter l’ego mercantile du jeune d’aujourd’hui jusqu’aux expressions prémâchées, qui étaient déjà l’estampille de Brice de Nice, le précédent long de James Huth.
Le force dynamique du récit, truffé de gags en tous genres, en fera un sérieux poids lourd dans les cours de récréation. L’artillerie est lourde et souvent drôle pour celui qui a moins de vingt ans. D’autant que James Huth a du talent à revendre quand il s’agit de multiplier les plans tordus façon MTV. Le cinéaste fait preuve d’une idée à la seconde, de quoi épuiser les esprits à la traîne. Rien de mal à cela, la cible est clairement définie. Mais de la part de celui qui a fait l’hilarant Serial lover, on peine à croire qu’un tel humour ras les bureaux de classe puisse vraiment être sincère. Huth n’a-t-il pas passé l’âge de ces enfantillages ? Le caractère opportuniste de l’entreprise est d’autant plus flagrant que, dans le rôle principal, l’interprète des Choristes, Jean-Baptiste Maunier, manque de présence physique et vocale pour coller à son personnage. Ce casting improbable en dit long sur la mise en route de cette version luxueuse de Foon, tout aussi bêta, mais à l’arrivée plus décapante.

Frédéric Mignard


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