Accueil > Les réalisateurs > P > Potter, Henry C. > Hellzapoppin’ - la critique

Hellzapoppin’ - la critique

Tex Avery live

Acheter sur Priceminister

- Durée : 1h24mn
- Sortie française : 26 février 1947

Cette comédie totalement déjantée détonne dans le paysage cinématographique des années 40 par son jusqu’au boutisme. Quand délirant rime avec hilarant.

L’argument : Au cours d’un tournage, le réalisateur interrompt les prises de vues, car le film n’a pas de sens. Il lui manque une histoire d’amour. Jeff, le scénariste, se met au travail et laisse alors libre cours à son imagination. Parallèlement, Ole et Chic, les vedettes de la revue Hellzapoppin, font tout leur possible pour saboter le spectacle pour lequel le régisseur cherche un commanditaire. Et si vous ne comprenez rien à cette histoire, ce n’est finalement pas bien grave...

Notre avis : De superbes plans sur un balcon où des amoureux déclarent leur flamme, de subtiles dilemnes psychologiques distillés par petites touches impressionnistes par un cinéaste démiurge, de salvatrices percées de lumière divine illuminant les personnages principaux d’une terrible tragédie humaine. Autant d’éléments que vous ne trouverez pas dans Hellzapoppin’, délire filmique essayant de retranscrire à l’écran la folie d’un spectacle qui fit les beaux jours de Broadway de 1937 à 1940. A partir d’une intrigue inepte qui n’a aucune espèce d’importance, les deux compères Ole Olsen et Chic Johnson tentent une expérience inédite jusqu’alors : faire tenir un film entier sur l’accumulation de gags en tous genres et non sur une histoire qui prendrait le spectateur par la main. Poussant à son paroxysme le burlesque, les deux comiques signent un grand moment de "non-sens", dans la lignée des Marx brothers ou de W.C. Fields. Déjanté de la première à la dernière minute, Hellzapoppin’ ne cesse d’exploiter toutes les ressources cinématographiques à sa disposition. Des fautes volontaires de raccord en passant par des trucages outrageusement mal exploités, tous les clichés du cinéma sont ici passés à la moulinette.
Sans nul doute grand admirateur de Tex Avery, le cinéaste Henry C. Potter explose la narration traditionnelle et ne jure que par l’efficacité de gags nombreux et originaux. Il anticipe ainsi de plusieurs années la mécanique comique employée par Mel Brooks ou encore par le trio des ZAZ (Zucker-Abrahams-Zucker) aux commandes de folies comme les Y a-t’il un pilote dans l’avion ?. Evidemment, toutes les séquences ne sont pas réussies, notamment à cause de certains gags démodés, mais le spectateur contemporain reste tout de même admiratif devant la profusion d’idées novatrices servies avec une énergie proche de l’hystérie. Les numéros musicaux, sorte de parodies des ballets de Busby Berkeley, sont d’une belle efficacité et laissent encore pantois - mention spéciale pour le segment jazzy avec des Noirs acrobates époustouflants. De quoi passer un excellent moment alternatif.


Le DVD
Une édition tout à fait correcte de ce classique plutôt rare.

Les suppléments

Le critique Patrick Brion revient sur la genèse de ce métrage totalement hors norme en en précisant toutes les références, ainsi qu’en suivant son influence jusque dans le cinéma contemporain. Véritable érudit, il se révèle passionnant durant ce quart d’heure très informatif. Deux segments (sous forme de texte déroulant) nous présentent l’histoire du film ainsi que sa traduction française réalisée par Pierre Dac. Le tout est complété par une filmographie du cinéaste et des deux acteurs principaux, ainsi que par des affiches.

Image & son

Si la copie utilisée n’est pas exempte de défauts (grain et brûlures), l’ensemble est plutôt de bonne tenue grâce à une restauration assez convaincante. La piste sonore en version originale sous-titrée est d’une belle clarté et évite les grésillements habituels.

Virgile Dumez


Il n'y a pas encore d'avis pour ce film. Soyez le premier à proposer votre avis !

Votre avis