Au carrefour du succès des Choristes, de Brice de Nice et de Clara Sheller, une comédie en costumes qui se trompe de cible et d’époque.
Le sujet : Paris, 1830. Un commerçant aux dents longues espère, pour améliorer son image, marier son libertin de neveu avec la fille d’une baronne impécunieuse. Mais le freluquet est rétif. Considérant que la jeune femme ne vaut pas la peine d’être aimée, il décide de parier qu’il peut aisément la séduire en vingt-quatre heures et ainsi mettre à mal sa vertu. Mais l’objet du pari va s’avérer plus coriace que prévu.
Notre avis : Adapter Alfred de Musset en 2005 avec Jean Dujardin et Gérard Jugnot dans les rôles principaux n’est pas forcément chose aisée. Les acteurs, très professionnels, se débrouillent certes bien pour restituer leur texte, mais la spontanéité et la vraisemblance nécessaires pour entreprendre une aventure aussi périlleuse sont mises à mal. Figures contemporaines probablement trop populaires, les comédiens échouent à donner chair et vie à cette production d’un autre temps, là où le rocambolesque en costumes seyait si bien à Bebel et à sa gouaille quarante ans auparavant. Avec son casting plus opportuniste qu’opportun, Il ne faut jurer de rien peine à divertir le spectateur moderne qui pourrait rester dubitatif devant tant d’artificialité. Eric Civanyan, qui a su améliorer sa réalisation après le pathétique essai de Tout baigne (son premier film qui date de 1999), risque encore une fois de ne pas parvenir à susciter l’intérêt escompté auprès du public. La cible d’une telle œuvre reste difficile à définir, mais on peut compter sur le marketing et la tournée des plateaux de télévision pour que le minimum syndical soit assuré au box-office.
