Après Intacto et 28 semaines plus tard, le nouveau film de Juan Carlos Fresnadillo avec Clive Owen, est un film de peur, un vrai, plutôt agréable à suivre, avec quelques scènes bien flippantes.
L’argument : Bien qu’ils appartiennent à des mondes culturellement et géographiquement distincts, deux enfants, Juan (Izán Corchero) en Espagne et Mia (Ella Purnell) en Angleterre, reçoivent chaque nuit la visite d’un intrus sans visage, un individu terrifiant qui cherche à prendre possession de leur être. Sa présence devient de plus en plus oppressante, s’immisçant petit à petit dans leur quotidien et celui de leurs proches. L’angoisse atteint son paroxysme quand leurs parents deviennent eux aussi témoins de ces apparitions.

Notre avis : Ce n’est pas du grand cinéma, mais c’est plutôt bien troussé. Cette coproduction hispano-américaine, avec des fonds britanniques, fait pourtant peur à Universal, qui ne sait pas trop comment la sortir depuis quelques mois. Aux USA, c’est même une petite sortie qui serait envisagée pour le printemps ! Le mélange d’histoires est, il est vrai, assez déroutant. On suit un récit ibérique en espagnol, avec une femme et son enfant poursuivis par un croquemitaine. L’ambiance y est proche d’un ersatz de L’Exorciste. C’est entrecoupé par le segment principal, mettant en scène, en Angleterre, Clive Owen et sa gamine, elle-même traquée par un être diabolique qui hante son placard et qu’ils semblent être les deux seuls à pouvoir voir. Le ton british, voire même très européen, est séduisant et nous éloigne des formules américaines. On est beaucoup plus proche des suspenses comme Ne vous retournez pas, Le cercle infernal ou Les autres dans l’ambiance, avec en toile de fond la thématique de Don’t be afraid of the dark mélangée à celle de Boogeyman.
Si Intruders n’arrive pas à la cheville des trois classiques cités plus haut, il est loin, également d’être le ratage effroyable des deux derniers films cités. Avec derrière la caméra, le très compétent Juan Carlos Fresnadillo, qui nous avait époustouflé avec le puissant Intacto et la suite de 28 jours plus tard, le minimum de qualité est forcément garanti ! La beauté de la réalisation, qui se regarde souvent le nombril, avec un réel effort dans l’élaboration des décors, s’associe à une vraie mise en scène de l’angoisse. L’objectif est unique, créer un sentiment de peur palpable, qui, de notre côté, a été partiellement atteint. Le trouillomètre monte souvent haut, avec cette mise en abîme de l’épiage dans le noir, ce qui nous ravit, sans pour autant nous donner l’impression d’assister à la réussite voulue par son auteur. Il faut dire qu’avec Clive Owen en papa poule qui défend fadement son engeance (rôle qu’il tient de façon quasi identique dans Trust qui sortira une semaine plus tard, le 18 janvier), on reste circonspect quant à l’interprétation, plutôt faible.
Au final Intruders est une série B un peu bâtarde, mais qui vaut pour ses beaux moments de peur et les apparitions effroyables de son croquemitaine. Rien de plus.
