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Je l’aimais - la critique

Nos amours, nos regrets

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- Durée : 1h52mn

Ce joli film mélancolique séduit par ses nombreuses qualités formelles et son interprétation de premier ordre. L’histoire, par contre, a un arrière-goût de déja-vu.

L’argument : En une nuit, Pierre va partager avec sa belle-fille Chloé, ce grand secret qui le hante depuis vingt ans, celui qui le mit face à lui-même, à ses contradictions et à ses choix, à son rôle d’homme et à ses manques. Le secret de cet amour pour Mathilde, pour lequel il n’a pas tout abandonné, choisissant une route plus sûre et plus connue. En une nuit, nous saurons la vie d’un homme qui n’osa pas.

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Notre avis : Devenue une habituée des succès de librairie, la romancière Anna Gavalda a séduit un public encore plus large avec le triomphe inattendu d’Ensemble, c’est tout, réalisé par Claude Berri. Aujourd’hui, un autre de ses romans, Je l’aimais, se retrouve adapté au cinéma, cette fois-ci par Zabou Breitman. Il s’agit d’une histoire d’amour malheureuse, avec un ton bien plus grave que celui du film de Berri. Après une longue introduction magistrale qui présente des personnages en crise, un flash-back central s’ouvre pour nous faire partager l’intimité de Pierre, interprété avec sobriété par Daniel Auteuil. La principale qualité de ce troisième long-métrage de Zabou tient en sa capacité à capter une atmosphère tendue, ainsi que les conflits latents qui couvent sous l’aspect lisse du quotidien. Chaque personnage dissimule ainsi ses sentiments profonds et opère des choix qui s’avèreront désastreux sur le long terme. Le film nous invite donc à découvrir comment un homme peut être amené à refuser le bonheur qui s’offre à lui simplement par lacheté (ou n’est-ce pas plutôt pour préserver son petit confort quotidien ?).

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A l’aide d’une réalisation délicate qui ne sacrifie jamais la forme au profit du fond, Je l’aimais s’apparente parfois à certaines des œuvres romantico-mélancoliques de Patrice Leconte (Le mari de la coiffeuse ou Le parfum d’Yvonne) par sa volonté de mêler fantasme et réalité, douceur et âpreté. Le beau travail effectué sur l’image et le son permet au spectateur de se lover dans un métrage à l’aspect cotonneux fort agréable. Le tout est soutenu par une belle interprétation avec une mention spéciale pour la bouleversante Florence Loiret Caille, malheureusement trop peu présente à l’écran. On peut toutefois regretter que cette histoire sentimentale ne débouche pas sur une conclusion plus marquante. Célébrant le plaisir de l’instant présent, Zabou nous propose au final une œuvre très agréable à suivre, mais dont on peine à se souvenir longtemps après la projection.

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Virgile Dumez


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