Il était une fois l’amitié au cinéma. Avec un grand a et un petit c.
L’argument : Claude Mendelbaum (Jean-Paul Rouve) a bien du mal à se faire remarquer. Physique quelconque, boulot impersonnel... Célibataire depuis deux ans avec une mère qui perd la boule, il attend passivement que les choses changent et que la chance, enfin, lui sourie. Jusqu’au jour où il rencontre Serge (Gérard Depardieu) avec lequel il va partager une complicité salvatrice.
Notre avis : Après la vague de films sur les trentenaires célibataires, voici le film pour les quadragénaires (et plus) solitaires. Peu de changement dans l’échelle des sentiments, l’homme se sent toujours seul et ce n’est pas sa vie professionnel qui va venir combler le manque affectif. Quelques rides en plus et des personnages masculins comme protagonistes (exit les Irène, Clara et Bridget), voici Claude et Serge, deux prototypes de mâles urbains aux cœurs en souffrance. Entre le timide coincé et romantique incarné à la perfection par Rouve et le fonceur expérimenté mais maladroit interprété par Depardieu, il y a un fossé énorme et pourtant ces deux personnages vont se rapprocher pour mieux appréhender leurs problèmes sentimentaux. L’union fait la force, et surtout la réussite relative de ce film. En effet, il est difficile de ne pas ressortir de la projection touché par cette histoire d’amitié aussi simple que noble. Les deux acteurs jouent la carte de la complémentarité avec une convivialité communicative. Leur duo fonctionne à merveille, Depardieu oublie son exubérance habituelle pour mieux souligner les failles de son personnage somme toute quelconque. Il ne dévore pas son partenaire, mais participe à sa mise en valeur, jusqu’à la fin étonnante de cette comédie douce-amère qui nous offre un happy ending d’un nouveau genre. Ajoutez à cela la délicieuse présence d’Annie Girardot et d’Isabelle Renauld (décidément trop rare) et la belle musique jazzy de Bruno Coulais et vous avez l’assurance de passer un bon moment au cinéma, ou à la télévision, car malheureusement, et c’est le point faible du film, la réalisation est trop terne pour nous émouvoir outre mesure, et on se dit que finalement on aurait très bien pu attendre sa diffusion en prime time sur le petit écran.
