Accueil > Les réalisateurs > V > Vigne, Daniel > Jean de La Fontaine, le défi

Jean de La Fontaine, le défi

La Fontaine, je ne boirai pas de ton eau !

- Durée : 1h40mn

Si les producteurs sont des renards rusés, les spectateurs qui auront le malheur de se laisser piéger se sentiront une âme de pigeon.

L’argument : Paris résonne de mille bruits en ce matin du 5 septembre 1661 : Fouquet, le puissant conseiller du roi, est arrêté sur ordre de Colbert ; le jeune Louis XIV devient le seul maître. Alors que les autres artistes se précipitent au service du monarque de droit divin, un homme se lève pour affirmer son soutien au surintendant déchu, le poète Jean de La Fontaine. Colbert se jure alors de faire plier le rebelle, seul artiste du royaume à situer son art au-dessus du roi. Dès lors, La Fontaine, même dans la misère, ne renoncera jamais à ses convictions. Sans argent, il résiste, s’amuse, observe, écrit ses fables, pamphlets assassins contre un régime despotique en pleine décadence. La Fontaine/Colbert, un affrontement qui durera jusqu’à la mort.

Notre avis : La biographie historique est un genre bien balisé qui nous donne régulièrement son lot d’œuvres académiques, mais aussi de fantaisies sautillantes et sympathiques, comme le très récent Molière de Laurent Tirard. Malheureusement, la cuvée 2007 du peu prolifique Daniel Vigne (Le retour de Martin Guerre, 1982) n’est pas de ce tonneau-là. Accumulant tous les défauts possibles et imaginables, Jean de La Fontaine, le défi se révèle rapidement être digne d’une punition scolaire délivrée injustement au pauvre spectateur égaré. Sur le plan esthétique, le cinéaste multiplie les fautes de goût par des cadrages aléatoires, une photographie terriblement plate qui ne rend jamais justice à la beauté des lieux filmés et une insipide musique de Michel Portal. Que dire également du casting improbable voyant des acteurs novices incarner des figures historiques de premier plan : Lorant Deutsch n’est pas crédible une seule seconde en La Fontaine et Julien Courbey est ridicule en Molière. Seul Philippe Torreton arrive à donner une stature imposante à son Colbert, malheureusement sous-exploité par un scénario aux abonnés absents.
Finalement, lorsque l’on voit ce ratage hors norme, on comprend mieux pourquoi aucun film n’avait dépeint jusqu’alors la vie de La Fontaine : au vu du résultat final, on a le sentiment qu’elle n’a guère d’intérêt et Daniel Vigne a beau essayer de nous persuader à chaque minute de l’importance des enjeux historiques, on n’y croit pas un seul instant. Jamais en danger, son La Fontaine n’apparaît jamais vraiment impertinent et ses allées et venues entre sa province natale et Versailles deviennent franchement lassantes au bout d’une demi-heure. Pire, sa reconnaissance finale à l’Académie française sonne comme une contradiction ultime de tout ce qui précède. La morale de tout ceci est que le spectateur devrait rapidement se sentir pousser des ailes en pleine projection puisqu’il aura été pris pour un pigeon.

Virgile Dumez

Découvrez toute la BD avec

Bedeo.fr : bande dessinée

avoir-alire est édité par Bedeo.fr

Les avis des internautes

 

> Jean de La Fontaine, le défi

Par lamazelle

Voici un film qui avait tout pour me plaire : de beaux costumes, de beaux décors, de belles images, de la bonne musique, du beau langage, un moment d’histoire, un petit discours sur l’art et sur le social...bref de quoi être ravie ! Sauf que tout ceci est gâché par une pléiade d’acteurs semblant sortis de la "StarAc" ou des émissions de divertissements : ils plombent littéralement le film ! Dommage pour Torreton dont on connait le talent et pour Deutsch qui prouve ici le sien définitivement (...)

>> Lire la suite

Votre avis