Interdit aux moins de 16 ans
Une suite torride, langoureuse, avec ces moments vraiment bis.
L’argument : Joy cherche à rejoindre son amant, le photographe Marc Charoux à Bagkok. Mais elle se retrouve avec Bruce qui la couvre de bijoux et l’offre à tous ses amis. Son seul salut est désormais de fuir cette prison dorée en compagnie de la belle esclave Millarca. Sur sa route, elle rencontre Joan, une exilée européenne dont elle tombe charnellement amoureuse...
Notre avis : Après le succès de Joy en 1983, il faut passer à la suite ! Le producteur Benjamin Simon (Si ma gueule vous plait, La dérobabe, La France interdite, Un été d’enfer) qui n’a pas froid au yeux remet de l’argent sur le tapis à une époque où le cinéma de genre est à l’agonie, en particulier le cinéma érotique qui ne fait plus recette à une époque où le public ne jure plus que par le porno en vidéo. Comme pour faire écho au succès des escapades coquines d’Emmanuelle, Joy, la franchise littéraire devient néanmoins une franchise cinématographique, enfin pour deux films de cinéma. Le roman de Joy Laurey (en fait Jean-Pierre Imbrohoris) publié en 1982 devient une production cul, chic et choc, où exotisme torride, perversion bourgeoise à l’autre bout de la planète et aventures cocasses servent de fil conducteur à une histoire de femme esclave (Joy, désormais jouée par Brigitte Lahaie et non plus Claudia Udy repartie faire carrière proprement aux USA), dont le corps est livré en pâture aux hommes, à la chaîne, lors de soirées de diplomates en Asie. La jeune femme s’enfuit, désespérée, et tombe sur Joan, une Occidentale aussi exilée de la tête que du corps ; c’est l’amour au premier regard. La bluette saphique est plus putassière que crédible, mais qu’importe, Joy aimera une femme... Et d’errances sensuelles, les deux personnages vont surtout se perdre dans un vide scénaristique caractérisé, avec quelques scènes Z humoristiques (un homme les traque jusqu’au bout du monde et se camoufle dans l’océan bleu tel un espion avec une crédibilité burlesque) pour bien marquer l’époque. On soulignera aussi de vrais efforts pour la mise en scène érotique d’une réelle beauté et une musique langoureuse de François Valéry, disponible encore en téléchargement sur certains sites bien connus. Le film est osé, plutôt bien fichu ; on en oublierait presque les affronts faits au bon sens narratif.
Pas de bol, crise du cinéma oblige, le deuxième opus est un gouffre, à peine sauvé par son édition VHS chez René Château Vidéo. Joy & Joan fait le scandale sur La 5 quelques années plus tard en prime time et disparaît des esprits, avant une série télé avec Zara Whites qui reprend le personnage de Joy en 1992.
Un extrait :
