Un milliardaire a créé un parc d’attraction peuplé de dinosaures reconstitués à partir d’ADN fossilisé. Mais les bêtes échappent à tout contrôle et menacent la vie des personnages. Est-ce la vraie histoire de Jurassic Park ?
L’argument : Ne pas réveiller le chat qui dort... C’est ce que le milliardaire John Hammond aurait dû se rappeler avant de se lancer dans le "clonage" de dinosaures. C’est à partir d’une goutte de sang absorbée par un moustique fossilisé que John Hammond et son équipe ont réussi à faire renaître une dizaine d’espèces de dinosaures. Il s’apprête maintenant avec la complicité du docteur Alan Grant, paléontologue de renom, et de son amie Ellie, à ouvrir le plus grand parc à thème du monde. Mais c’était sans compter la cupidité et la malveillance de l’informaticien Dennis Nedry, et éventuellement des dinosaures, seuls maîtres sur l’île...
Notre avis : Le film a enflammé l’imagination de la planète. Bénéfices historiques. Trois Oscars. Mais presque dix ans après sa sortie, quel bilan ce recul peut-il bien nous apporter ?
Jurassic Park laisse très clairement une partie de l’intelligentsia sur sa faim (sentiment accentué à l’époque de sa sortie par le premier gros débat autour de l’exception culturelle). On voit en Jurassic Park l’ennemi du cinéma français. Vulgaire produit hollywoodien, remake à peine voilé des Dents de la mer, effets spéciaux certes sublimes mais ne masquant pas le manque de profondeur des personnages.
Mais Jurassic Park donne aussi l’occasion à certains de disserter au-delà de l’apparente grosse machine qu’il représente (et son merchandising sans précédent). Un film personnel, écrira-t-on, voire même un réglement de compte de Spielberg contre l’argent, les avocats et les enfants eux-mêmes (au vu de l’acharnement sadique du cinéaste dans certaines séquences) [1].
Jurassic Park est, enfin, vu comme une parabole de la Shoah, certains analystes s’appuyant en effet sur l’aspect concentrationnaire du film [2] et sur le fait que Spielberg accepta malgré lui de tourner d’abord Jurassic Park avant La liste de Schindler. Mais il n’aura en tête pendant le tournage et le montage de Jurassic Park que les histoires douloureuses de l’Holocauste [3].
Aujourd’hui, deux autres épisodes ont prolongé le mythe du parc jurassique, avec plus ou moins de bonheur, mais une idée, ou plutôt un animal, reste au cœur de la trilogie : l’oiseau. Récemment la théorie du paléontologue Jack Horner (consultant sur Jurassic Park) selon laquelle l’oiseau descendrait des dinosaures s’est d’ailleurs vue confirmée. Les trois Jurassic Park se concluent de la même façon : le premier avec un pélican volant au-dessus de l’océan, les deux autres avec des ptéranodons, ancêtres préhistoriques des pélicans. Le mythe d’Icare est aussi le pilier de la trilogie (l’ouverture du troisième épisode en parachute ascensionnel est en ce sens flagrant).
S’approcher de Dieu, recréer la Création. Hybris destructeur dissimulant les fuites légitimes de l’Homme face à sa condition terrestre (et rappelant l’amour de Spielberg pour tout ce qui vole dans les airs). Jurassic Park n’a pas seulement relancé la "mode" des dinosaures dans les consciences, il a renoué, re-questionné les fondements de nos folles envies et de nos peurs, dans l’imaginaire et la violence de l’arrachement.

[1] cf. Règlement de compte à Jurassic Park, in Cahiers du cinéma, octobre 1993
[2] id.
[3] cf. Entretien de Spielberg donné à Studio, n° 96, mars 1995
Virtuose du cinéma à grand spectacle, son nom est à lui seul un label. Mais qui est Spielberg ?
Par bbjj83
Ce premier volet je n’avais pas eu la chance de le voir au cinéma mais cela devait être vraiment bien à voir. Je l’ai vu beaucoup plus tard après sa sortie et j’ai trouvé ça très bon. Tout y est, les acteurs sont bons, le suspense est au rendez-vous et on ne s’ennuie pas une seule seconde. C’est vraiment du bonheur de regarder ce film en famille.