Durée : 1h20mn
Cette comédie romantique à l’américaine est un efficace somnifère estival, insipide dans sa forme et désagréable par la vacuité de ses personnages.
L’argument : Chloé, 26 ans, vit seule à Paris, entre une voisine envahissante, une collègue mesquine, un loueur de DVD un peu donneur de leçons... Une vie qui n’est pas à la hauteur de ses espérances... Jack, la trentaine, Américain largué par sa copine, gagne un séjour à Paris. Chloé va alors, par un heureux hasard, récupérer la valise de Jack, celle que lui a légué son père et à laquelle il tient plus que tout. Et tomber amoureuse de son contenu... Chloé aime Jack, même si elle ne l’a jamais vu, même si elle ne sait rien de lui. Elle se persuade qu’il est l’homme de sa vie, qu’ils sont faits l’un pour l’autre, et elle va tout faire pour le retrouver...

Notre avis : Inspirée par les comédies romantiques américaines des années 50, la scénariste et réalisatrice Jennifer Devoldère tente à tout prix d’en retrouver la saveur. Malheureusement, elle n’a rien d’un Billy Wilder et Mélanie Laurent n’est pas Audrey Hepburn. Malgré tous ses efforts pour injecter un peu d’originalité dans une recette très éprouvée, la cinéaste échoue sur tous les plans. Tout d’abord, on ne croit pas un seul instant à son histoire d’amour née à partir d’un simple échange de valises. Ainsi, le personnage de Mélanie Laurent (qui minaude un maximum) apparaît comme une rêveuse inconséquente, fausse midinette pseudo-intello, mais finalement incroyablement superficielle. Tous les autres protagonistes sont à l’avenant et aucun ne parvient à éveiller notre curiosité. Uniformément antipathiques, les personnages sont tous des têtes à claque dont on se contrefiche très rapidement.

Si la réalisatrice tente par moment de retrouver un ton décalé proche de celui de Lost in translation de Sofia Coppola, elle n’arrive jamais à effleurer sa grâce. Pire, l’échange de valises n’est qu’un gimmick qui n’est jamais exploité dans toutes ses possibilités, au point de faire sombrer le film dans la redite permanente alors que l’ensemble dure moins d’une heure vingt. Un comble. Sans aucune grâce, jamais drôle et desservi par une interprétation atone d’un casting habituellement juste, Jusqu’à toi est le parfait prototype du long-métrage où rien ne fonctionne malgré de bonnes intentions. Sa sortie en plein désert estival sonne donc comme une sanction sans appel pour cette œuvrette inoffensive, mais terriblement insipide.
