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King Kong - la critique + test DVD

Gare au gorille !

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Note moyenne des internautes :

- Remake du film (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack (lire notre critique)
- Le site du film

La relecture de King Kong par Peter Jackson manque un peu de folie mais point de virtuosité. Jouissif.

L’argument : New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l’audacieux explorateur-réalisateur Carl Denham et se laisse entraîner par lui dans la plus périlleuse des aventures... Ce dernier a dérobé à ses producteurs le négatif de son film inachevé. Il n’a que quelques heures pour trouver une nouvelle star et l’embarquer pour Singapour avec son scénariste, Jack Driscoll, et une équipe réduite. Objectif avoué : achever sous ces cieux lointains son génial film d’action. Mais Denham nourrit en secret une autre ambition, bien plus folle : être le premier homme à explorer la mystérieuse île du Crâne et à en ramener des images. Sur cette île de légende, Denham sait que "quelque chose" l’attend, qui changera à jamais le cours de sa vie...

Notre avis : La relecture de King Kong par l’immense Peter Jackson avait de quoi susciter l’attente la plus démesurée. En effet, il s’agit sans nul doute d’un des films les plus attendus de l’année, ne serait-ce que par son budget colossal (207 millions de dollars) et son casting nec plus ultra (Naomi Watts, Adrian Brody...). Résultat ? Puissant mais un tantinet décevant. En dépit d’une pléthore de séquences très efficaces, le résultat fonctionne à double tranchant : les puristes du monstre poilu retrouveront, en sus des clins d’œil, des références explicites aux films de monstres et catastrophe des années 50, comme les admirateurs du cinéaste pourront noter un certain manque de folie.
Peter Jackson a très bien compris que King Kong est une impossible histoire d’amour avant d’être un film fantastique. Dans cette perspective, il adopte ce point de vue au risque de sombrer dans la sensiblerie ou le romantisme certifié conforme. N’ayons crainte : l’humour, souvent tordu, désamorce le sentiment de sérieux ou, pis, de prétention. Il suffit pour s’en convaincre de voir cette scène dans le New York des années 30 où le Kong recherche désespérément sa belle blonde. Si la première partie met un certain temps avant de poser les personnages, le contexte et l’enjeu dramatique (pourtant convenu), la suite est une succession de séquences mémorables qui se déroulent toutes sur l’île du Crâne (dont un affrontement insensé entre le Kong et deux T-Rex) jusqu’à l’incroyable fin sur l’Empire State Building. Les soucis ne sont pas formels mais éminemment narratifs. Par exemple, certains personnages sont plus ou moins bien croqués et confinent aux archétypes. Le cinéaste, fort de son projet ambitieux, a fait un choix délibéré qui consiste à privilégier la relation entre le Kong (techniquement parfait) et l’actrice (Naomi Watts qui hurle fort et bien) au détriment des autres, plus effacés. Très bizarrement, l’opus de Jackson avec lequel on effectue le plus de correspondances est Forgotten silver, son "documenteur" sur un cinéaste néo-zélandais, en raison de la scène - violente - des autochtones et surtout de la réflexion sur la création artistique. Car, en creux, King Kong possède le mérite de soulever une question intéressante : jusqu’où doit-on aller par amour de l’art ?
Jackson sait très bien de quoi il parle ; cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Il n’en reste pas moins trop fasciné par son King Kong pour insuffler l’audace et l’irrévérence adéquates. Ce n’est pas l’achèvement d’un simple dessein mais d’un rêve (plus jeune, il a tourné à l’aide d’une maquette de l’Empire State Building et des dinosaures en plastique, quelques images de la scène finale avec la caméra familiale). On a la légère impression que le réalisateur de Braindead sacrifie par intermittence sa singularité sur l’autel du classicisme. Peut-être, oui. Mais, en l’état, son objet filmique, régulièrement impressionnant et surtout très drôle, contient des fulgurances parodiques et de grands moments de cinéma propres à enchanter toutes les catégories de spectateurs. Evénementiel.


Le DVD


Le(s) supplément(s) à ne pas rater : L’édition simple de ce King Kong est dénuée de tous bonus. Pour connaître les secrets de fabrication, il faut se reporter sur la collector qui propose un journal de bord du tournage complet. Toutefois, une autre édition serait en prévision pour novembre prochain avec de nouveaux suppléments et surtout un autre montage du film. Patience donc...

Image & son : King Kong est toute à fait le genre de spectacle qui va pousser votre home cinéma dans ses retranchements. En salles, le film avait laissé un goût amer, notamment concernant l’intégration de certains effets spéciaux parfaitement pourris ; on pense à la course des dinos dans le ravins, le perchiste qui se balade de rochers en rochers, ou encore la première arrivée de l’équipe sur l’île en barque. Ici, ces défauts ne sont plus qu’un mauvais souvenir (encore que sur certains plans...). On imagine facilement Peter Jackson ordonner un ultime coup de palette graphique pour la sortie DVD. Toujours est-il que l’excellente compression joue en la faveur de ces scènes mouvementées, les défauts étant amoindris. La précision est bien au rendez-vous avec un sens du détail qui hisse le gorille géant au panthéon des effets numériques ; on peut facilement compter ses poils. Le son, du Dolby Digital 5.1, remplit aussi son rôle et utilise les canaux à bon escient ; à l’exemple de la scène des insectes géants dont les grattements de pattes sur le sol va vous glacer l’échine.

Edgar Hourrière, Romain Le Vern


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Maître mot d’une filmographie généreuse : la passion.

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