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L’affaire Josey Aimes

Une pour toutes, tous pour elles !

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- Durée : 2h04mn
- Titre original : North country

Un film militant qui nous rappelle que le combat des femmes pour leur émancipation est, au quotidien, une âpre bataille.

L’argument : Josey Aimes quitte son mari violent avec ses deux enfants pour se réfugier, dans sa ville natale, auprès de ses parents. Afin de subvenir aux besoins de sa famille, elle se fait embaucher dans la mine locale, poumon économique de cette région minière du nord du Minnesota et royaume des hommes. Là, elle se retrouve, à l’instar de ses rares collègues, très vite confrontée à l’animosité des hommes et au harcèlement sexuel. Excédée, traumatisée et surtout seule contre tous, elle porte l’affaire devant les tribunaux.

Notre avis : Charlize Theron a changé de peau, mais pour encore embrasser la souffrance d’une femme. Néanmoins a contrario d’Eileen Wuornos, qu’elle incarnait dans Monster, Josey Aimes ne s’est pas laissée broyer par le rouleau compresseur d’une société machiste. Elle résistera envers et contre tous à la dictature de la société, celle d’hommes qui se croient au-dessus de tout. La réalisatrice néo-zélandaise Niki Caro, inspirée par des faits réels - la réalité inspire d’ailleurs beaucoup Hollywood en ce moment -, a choisi de mettre en relief un personnage qui se construit dans l’adversité et dont on comprend a posteriori les motivations.
Josey Aimes est une femme qui a subi tous les outrages et pourtant seule sa vertu est remise en cause. Il ne peut en être autrement d’une femme qui vit en dehors des liens du mariage dans une société machiste et puritaine. Et ses proches ne sont pas en reste. Qu’importe la révolte qui l’habite ! La femme courageuse qu’elle essaie d’être, histoire de contenter son père avec qui elle entretient des relations difficiles, son amie Glory (Frances Mc Dormand), déléguée syndicale, et ses collègues, tente de jouer la carte du stoïcisme. Pour préserver aussi cette indépendance économique chèrement acquise et continuer de faire plaisir à ses enfants. Mais trop, c’est trop ! Comme chez un boxeur qui a encaissé trop de coups et que la hargne submerge, la riposte est irrépressible.


Dans cette mine du nord des Etats-Unis qui s’ouvre difficilement au personnel féminin, les blagues salaces des collègues masculins et le harcèlement dont elle est victime seront la goutte d’eau qui feront déborder le vase. Ce vase dans lequel toutes les femmes, qui aspirent à un peu d’indépendance, ont dû enfouir brimades, frustrations, peurs et douleurs face à la violence physique et morale que leur font subir leurs "chères" moitiés. Josey Aimes fait partie de la cohorte de ces pionnières grâce à qui la cause de la femme progresse lentement certes, mais progresse tout de même. Car la bêtise des hommes, et de l’humanité en général, encore aujourd’hui dans ce domaine, laisse toujours sans voix. Surtout au cinéma où le silence est d’or.
C’est peut-être pour cela que la méchanceté des ouvriers, la lâcheté des hommes (et parfois leur repentir) et le désarroi des femmes frappent si fort. Ce film fait du cœur du spectateur le royaume de l’empathie. Les hommes auront honte, les femmes encore plus de raisons de se battre. Grâce à l’action collective menée par Aimes et ses camarades - une première dans le pays -, le harcèlement sexuel est aujourd’hui sévèrement puni par la loi américaine. A travers les principaux personnages masculins - un avocat intéressé, un père repentant et un mari dévoué -, Niki Caro ne manque cependant pas de rappeler que la lutte pour l’affirmation des droits des femmes n’oppose pas les hommes aux femmes. Mais des esprits éclairés à des ignorants. Dans ce sens, son film tombe pile (le 8 mars, Journée mondiale des femmes) pour nous aider à élargir nos esprits étriqués

Falila Gbadamassi




Les avis des internautes

 

> L’affaire Josey Aimes

Par esdez

La froideur et l’immensité des paysages en opposition avec la température extrême dégagée par l’intrigue, le gigantisme des mines et de ses moyens d’exploitation confrontés à la fragilité de l’héroïne et de ses consœurs le tout porté par un casting judicieux permettent de sublimer la beauté des êtres en butte contre "l’Ordre" établi par les sociétés.La charge intraitable contre le machisme de la société est parfaitement réussie. Toutes ces oppositions induisent qu’il faut du courage pour inititier certaines luttes qui peuvent paraître vaines mais (...)

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