Durée de L’âge d’or du X : 54mn
Durée de Brigitte et moi : 55mn
Humour et nostalgie au programme de cet immanquable documentaire sur le X des années 70, pour les amateurs de plans larges qui ne rechignent ni au 25cm ni au 35mm.
L’argument : Des années ultra-libertaires post 68, à l’apparition du sida, autant d’années de chamboulement des mœurs à suivre à travers l’évolution du cinéma porno et la carrière de Brigitte Lahaie. L’âge d’or du X retrace l’histoire d’une parenthèse enchantée, celle de l’apogée à la chute du X en France.
Notre avis : Le porno, version cinéma. Son Histoire parle à travers le documentaire de Nicolas Castro et Laurent Préyale. Les deux réalisateurs nous relatent les premiers ébats libertins sur le grand écran. Du soft qui émoustilla plus d’un mâle, à la grande offensive des œuvres érotiques dans le sillon des Emmanuelle, jalonnée de queues phénoménales pour aller tâter du 35 mm dans les salles des Champs Elysées ou dans les villes frontalières. Puis les documentaristes, passionnés et passionnants, nous décrivent l’arrivée tumultueuse des rapports non simulés en grand large. Un phénomène de société, avatar direct de Mai 68, fustigé par les Conservateurs qui prônaient alors le retour de manivelle. Celui-ci survint sous la forme injurieuse d’une classification X ; elle écarta du circuit traditionnel les œuvres dites pornographiques, pour les contraindre à bourgeonner dans un circuit spécialisé lourdement surtaXé. De quoi mettre un terme à l’âge d’or du X, visiblement vivement regretté par les instigateurs de ce projet, avec la fermeture précipitée des salles pornos, tandis que le hard prenait d’assaut le marché de la vidéo. Le cul devint alors une industrie puissante qui allait broyer toute la candeur d’antan pour imposer ses canons esthétiques uniques (les gros seins à tendance siliconé et les bimbos au regard vide, mais à la bouche pleine).
A travers ce docu(l)mentaire, les deux réalisateurs cultivent la nostalgie, celle d’une époque où le X était un divertissement artistique animé par des figures humaines (des formes aux valeurs). Le porno jouissait alors sur pellicule de sa splendeur de film pour le grand écran, avec un vrai travail d’écriture et des acteurs motivés qui s’épanouissaient avec dignité dans la nudité sexuelle. C’était bon enfant, jusque dans l’humour phallocrate absolument insensé dans lesquels baignaient généreusement les dialogues.
Ce document d’une heure suscite allègrement notre curiosité pour un pan méconnu, ou du moins oublié, de notre patrimoine libertin, qui a vite été remplacé par la boucherie industrielle et la laideur amateur des productions contemporaines. Alors que de nombreux extraits viennent illustrer gracieusement les propos, quelques intervenants de marque, comme Brigitte Lahaie, au recul serein, égrainent la projection d’anecdotes formidables sur une époque qui s’offrait généreusement aux enfants de la libération sexuelle, en prélude aux années sida. A découvrir pour sa valeur historique, évidemment...
Le DVD
Deux disques pour un hommage hilarant au X des années 70. On en redemande.
Les suppléments
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L’âge d’or du X s’accompagne d’un deuxième disque consacré à l’anthologie humoristique Brigitte et moi. Il s’agit d’extraits, issus d’une quarantaine de classiques français de l’époque, notamment de la filmographie de Francis leroi, mis bout-à-bout pour former un moyen métrage de 55mn, avec la voix off décalée de Michel Vuillermoz pour servir les transitions narratives. L’exercice est extrêmement bien illustré et s’avère tordant, grâce aux choix comiques des répliques et des situations, toutes marquées par un second degré machiste et grossier, complètement loufoque. L’exemple s’impose. Il s’agit d’une bourgeoise, nue, qui découvre un godemichet. Interloquée, elle demande hautainement à sa bonne - cruche, mais pas coincée :
« Mais qu’est-ce que c’est ?
Un godemichet, Madame.
C’est pour quoi faire ?
Mais pour se le mettre dans le ... »
Il faut le voir pour le croire et surtout l’entendre pour saisir la nature essentiellement humoristique de ces spectacles d’époque, basés sur un humour douteux, toujours prompt à déboulonner la bourgeoisie. Dans tous les sens du terme.
Au final, Brigitte et moi s’avère tellement drôle et bien foutu, qu’on hésite à accorder notre préférence à l’un des deux disques, puisque tous deux affichent une complémentarité exemplaire.
Image & son
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Le son mono et les vieilles images usées ont été nettement améliorés. Il y a bien quelques anicroches, mais elles participent à dater le spectacle. Et vu la difficulté de l’exercice (il s’agit d’une compilation d’extraits provenant d’une grande source de productions X), l’on ne peut que se satisfaire de l’excellent travail proposé.