On a beau chercher, il n’y a rien à sauver dans cette adaptation romantico-mystique d’une nouvelle de Philip K. Dick.
L’argument : Sommes-nous maîtres de notre destin ? Ou sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l’avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu’il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme, dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains...
Notre avis : Sans cesse repoussée aux USA, la sortie de L’agence se fera finalement en mars prochain. C’est comme si le sort s’était acharné sur cette adaptation de Philip K. Dick (une nouvelle des années 50 intitulée The Adjustment team) pour reprendre la thématique centrale du film : le destin ! Mais en fait, laissons le mauvais sort de côté, car ici le ratage que l’on subodorait un peu, semble s’expliquer par une avalanche de mauvaises décisions artistiques qui font de ce thriller de science-fiction beaucoup trop fleur bleue une très mauvaise expérience à passer.
En essayant de nous faire croire que le monde est régit par des agents du fatum (ou de Dieu, des anges ?), chapeautés comme les hommes des années 50 (on pense au Maccarthysme), dans un décor new-yorkais contemporain, le film ouvre des portes sur des univers mystico-religieux un peu dangereux quand on n’a pas les épaules suffisamment larges pour pouvoir porter pareil thème. Avec un point de départ qui aurait pu plaire à Nolan, Alex Proyas, Cronenberg, Lynch, voire pourquoi pas Spielberg, le scénariste de Ocean’s twelve et La mémoire dans la peau, devenu réalisateur le temps d’un essai, n’est qu’une romance improbable, bousculée par des apparitions ridicules, sans aucune audace visuelle, thématique ou émotionnelle.
Le politicien prometteur (et surtout fade) qu’incarne Matt Damon est tombé fou amoureux de la danseuse que joue timidement Emily Blunt (inexistante), mais sans cesse le Destin lui met des bâtons dans les roues pour qu’il ne puisse pas concrétiser cet amour passionnel. Des bâtons qui sont ici matérialisés de façon pataude par des agents qui répondent à une hiérarchie que l’on imagine divine et qui nie l’existence même du libre arbitre chez l’Homme (on retrouve ici le thème du choix, fondateur dans l’oeuvre de l’auteur de Blade runner).
Aussi Matt Damon, pourtant conscient des enjeux de son existence, décide de prendre les choses en main et de remettre en question son avenir politique et surtout les grandes décisions que le monde attendait. Il le fait sans conviction pour ce qui nous apparaît être une amourette, puisque jamais on ne ressent la passion entre les deux amoureux. Loin du thriller palpitant espéré, la course-poursuite n’est donc qu’ennui au milieu de personnages sacrifiés sur l’autel de l’invisibilité. Emotion, psychologie, suspense... rien ne survient durant cette heure quarante-sept si ce n’est l’agaçante impression de perdre son temps !
La bande-annonce : ICI
