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L’amour aux temps du cholera - la critique + test DVD

L’adaptation pestiférée

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- Durée : 2h13mn
- Titre original : Love in the Time of Cholera
- Les photos du film

Gabriel Garcia Marquez adapté sans passion, mais sans déshonneur par le réalisateur de Quatre mariages et un enterrement.

L’argument : Fin XIXe siècle, Cartagena, Colombie. Un jeune télégraphiste pauvre et poète, Florentino, tombe amoureux fou de la plus jolie des jeunes filles, Fermina. Sous les amandiers d’un parc, il lui jure un amour éternel et elle promet de l’épouser. Mais le père de Fermina, furieux, se promet de séparer les jeunes amants.
Quelques années plus tard, celle qui est devenue une éblouissante jeune femme, irrésistible de grâce et d’intelligence, épouse Juvenal Urbino, un jeune et riche médecin, plutôt que le médiocre Florentino. L’homme qui a réussi à endiguer l’épidémie de choléra de la ville part s’installer avec son épouse à Paris. Lorsqu’ils reviennent à Cartagena plusieurs années après, Fermina a tout oublié de son premier amour...
Florentino, lui, ne l’a pas oubliée. Devenu un riche armateur, il collectionne les liaisons féminines mais brûle toujours d’amour pour la belle Fermina...

Notre avis : Des adaptations de Gabriel Garcia Marquez au cinéma, l’on a surtout retenu Chronique d’une mort annoncée par Francesco Rosi en 1987. Un succès, cannois de surcroît, que Mike Newell aurait bien voulu connaître avec sa vision cinématographique de L’amour au temps du cholera. Sortie dans la douleur en décembre dernier, sans que son distributeur n’y croie vraiment (aucune projection de presse), après un douloureux échec aux USA (5 millions de dollars de recettes pour un budget copieux neuf fois plus élevé), l’adaptation pestiférée du roman éponyme n’est pourtant pas le désastre annoncé. Incarnant avec une certaine majesté les langueurs du roman d’amour du romancier colombien, le film de Newell (Quatre mariages et une enterrement, Donnie Brasco, Harry Potter et la coupe de feu) relate une passion contrariée et les frustrations conséquentes sur 50 ans. Cinq longues décennies de solitude, au sein du couple pour la belle et arrogante Fermina, et pour l’homme de sa vie, Florentino, l’amour de jeunesse éconduit, qui a multiplié les rencontres charnelles pour apaiser les peines de son cœur. Retranscrivant de manière somptueuse leur romance dramatique (décors d’une grande précision et richesse ; sens du cadrage impeccable), avec un certain sens de l’érotisme et une dose d’humour millimétrée, propre à l’auteur du livre, le cinéaste échoue toutefois à insuffler de la passion dans un métrage trop propre à une époque, celle du cholera, qui ne l’était pas forcément.
Les spectateurs récalcitrants en raison de la durée du film (2h15mn) se réjouiront de la durée du générique, long de plus de 10 minutes. C’est toujours cela de moins à voir.

Les photos du film


Le DVD

Une édition tout à fait louable pour un échec cinématographique qui aurait pu lui être fatal.

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© Metropolitan Film & Video

Les suppléments

Le making-of de 31 minutes donne chair à l’œuvre retranscrite. L’historique de la production est plutôt intéressant à suivre (le refus initial de Gabriel Garcia Marquez de voir son roman adapté au cinéma ; le débat autour du choix de langue...). La partie tournage l’est tout autant (les difficultés d’un tournage en Colombie...), mais l’ensemble, très professionnel, manque de passion.
L’autre gros morceau des bonus s’articule autour de 17 scènes coupées (pour 18 minutes de métrage supplémentaires). Leur condition de visionnage est tout à fait satisfaisant, tant au niveau de la qualité du master que du contenu des scènes, dans l’ensemble assez convaincantes, même si certaines, très courtes, s’apparentent davantage à du remplissage.
L’ultime supplément est la présence de deux bandes annonces du film, en VO et en VF.

Image & son

L’image, peut-être un peu trop sombre dans son contraste, n’en demeure pas moins de toute splendeur, réfléchissant un travail sur la photographie d’une très grande richesse.
La bande son 5.1, peu encline aux gros effets, se savoure dans la délicatesse d’une musique équilibrée et de sons variés qui viennent régulièrement s’éprendre des enceintes arrière. La version originale doit être privilégiée ; elle rééquilibre les voix, beaucoup trop proéminente dans notre langue.

Frédéric Mignard




Biographie

Mike Newell - notes biographiques

Quelques informations sur Mike Newell.

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