Sortie vidéo : le 8 février 2012
Le drame sensuel et mortifère de Bertrand Bonello, acclamé par Cannes et la critique en 2011, sort enfin en DVD. Une excellente nouvelle.
L’argument : À l’aube du XXème siècle, dans une maison close à Paris, une prostituée a le visage marqué d’une cicatrice qui lui dessine un sourire tragique. Autour de la femme qui rit, la vie des autres filles s’organise, leurs rivalités, leurs craintes, leurs joies, leurs douleurs... Du monde extérieur, on ne sait rien. La maison est close.
Le film : C’est indéniablement l’un des grands films français de l’année 2011. L’Apollonide, souvenirs d’une maison close, premier vrai succès public de Bertrand Bonello (208.000 entrées / France), a su imposer l’intransigeance de son auteur, à travers des tableaux de maison close d’une beauté formelle indéniable, où chaque plan tient de la composition élaborée, et où sexe et malaise se mêlent pour nourrir une ambiance mortifère. Le corps largement exposé des filles de cet établissement feutré parisien du début du siècle dernier, semblent figés dans un environnement qu’elles ne peuvent (veulent ?) plus quitter, enraciner dans une répétition fétichiste des actes de séduction ou sexuels. L’étrangeté des rituels s’accompagne d’un certain désordre temporel qui trouble et d’un cadre onirique qui fascine... Une réussite totale où les actrices s’offrent totalement à leur cinéaste, se fondant tragiquement dans une succession de toiles qui ne laissent pas indifférente.
L’Apollonide a reçu huit nominations aux César 2012.
La critique : ICI

Les suppléments :
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Seulement deux suppléments accompagnent le programme principal. On appréciera tout particulièrement le making-of de 25 minutes intitulé Le prologue de l’Apollonide mis à nu, où Bertrand Bonello explique en particulier l’envoûtante scène d’ouverture, entre rêve et fantasme, qui le hantait depuis plusieurs années (il nous lit des extraits d’un scénario antérieur). La comparaison entre les différents montages (6 au total) est passionnante.
Enfin, on saluera la présence de 16 minutes d’essai de comédiennes, un bonus quasi indispensable tant les actrices se sont totalement données au réalisateur qui les a mises à nu dans une oeuvre périlleuse ; la proximité avec le spectateur en est d’autant plus grande. On reprochera la présence trop insistante d’extraits du film pour les mises en parallèle.
L’image :
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L’image DVD respecte la colorimétrie picturale vive voulue par l’auteur. Si l’accent sur les couleurs chaudes et rubicondes est là, on reste toutefois sur notre faim quant à la définition qui se contente d’être convenable, au détriment de la profondeur de champs et de la mise en valeur du détail.
Le son :
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Film intimiste de dialogues frontaux, L’Apollonide est toutefois décliné en 5.1 Dolby Digital pour accompagner la projection de nappes synthétiques et d’une musique atypique, voire iconoclaste. L’ampleur n’est pas de circonstance, mais qu’importe, le DVD propose des conditions sobres et satisfaisantes pour se laisser happer par l’ambiance à la fois nonchalante et morbide de cette excellente toile cinématographique.
Quatre longs métrages et déjà dans la cour des grands.