L’ultime chef-d’œuvre sur l’amour passionnel. A (re)découvrir de toute urgence.
L’argument : Dans une auberge de Tokyo, en 1936, Kichizo, le propriétaire, remarque la servante Sada Abe, lors d’un incident où elle manie le couteau de cuisine avec dextérité... Il est attiré vers elle par un puissant désir sexuel, mais, au lieu d’être rapidement satisfait de ses relations, celles-ci ne font qu’aiguillonner son désir, et sa virilité, sans cesse sollicitée par Sada... - Dans un village isolé, en 1895 pendant l’ère Meiji, Seiki mène auprès de son mari Gisaburo une existence paisible. Mais elle succombe aux avances empressées d’un jeune et beau soldat. Leur passion charnelle les conduira au meurtre de Gisaburo qu’ils jetteront dans un puits. Le fantôme du mort viendra hanter les nuits du couple criminel...

Notre avis : "C’était à la fin de l’été 1972", raconte Oshima. "Revenant du festival de Venise, où j’avais présenté Une petite soeur pour l’été, je suis passé à Paris. Dans le hall d’une petite salle de projection, le Club 70, Dauman lança soudain la proposition suivante : "Faisons un film ensemble, en coproduction. Ce sera un film érotique. Pour ce qui est du contenu et de l’organisation de la production, je m’en remets à vous. Pour le reste, je fournis l’argent." Ainsi vit le jour L’empire des sens, inspiré de l’histoire d’Abe Sada, qui folle d’amour trancha les parties génitales de son amant. Ce fait divers s’est déroulé en 1936.
Ancienne geisha, Sada est désormais servante dans une auberge à Tokyo. Rapidement, elle attire l’attention de Kichi, le mari de la patronne. Les deux amants sont pris d’une passion charnelle dévorante. Leur recherche du plaisir ultime les conduira jusqu’aux extrémités de leur amour.
Plus de trente ans après, L’empire des sens reste ce monuments d’érotisme, cet OVNI qui transforme une scène de sexe en déclaration d’amour. Car le film d’Oshima ne se regarde pas comme un simple déballage pornographique. En dépit de la crudité des scènes, le réalisateur est parvenu à un climax tellement chargé d’émotions que le sexe devient familier. On décèle cet amalgame ambigu de plaisir et de mort, séparés par une frontière trop floue pour les deux protagonistes. Oshima signe ni plus ni moins un miracle du 7ème art, où l’acte d’amour révèle toute sa pureté et sa dangerosité.
Le DVD
Suppléments :
Arte Vidéo offre, en plus de 6 minutes inédites, intégrées au long métrage, un documentaire d’une demi-heure sur la naissance du projet, sa fabrication et ses retombées dans la société japonaise. On apprend la difficulté rencontrée par Oshima pour trouver son couple d’acteurs, la délicatesse de l’équipe lors des scènes intimes (20 minutes d’obscurité totale pour leur préparation), le procès, le succès à travers le monde. Autant d’informations qui lèvent à bon escient le mystère sur ce film-événement.

Par LadyS
Un film inoubliable ! Et un réalisateur également inoubliable...