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L’étrange affaire Angélica - Le test DVD

Le sourire sur la photo

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- Sortie du DVD : Le 3 janvier 2012

Objet délicieusement énigmatique et hors du temps, ce nouvel opus du vieux magicien de Porto émerveille en retrouvant la quintessence du cinéma.

L’argument : Une nuit, Isaac, jeune photographe et locataire de la pension de Dona Rosa à Régua, est appelé d’urgence par une riche famille, afin de faire le dernier portrait de leur fille Angélica, une jeune femme morte juste après son mariage. Dans la maison en deuil, Isaac découvre Angélica et reste sidéré par sa beauté. Lorsqu’il porte à son œil l’objectif de son appareil photo, la jeune femme semble reprendre vie, pour lui seul. Isaac tombe instantanément amoureux d’elle. Dès lors, Angélica le hantera nuit et jour, jusqu’à l’épuisement.

Notre avis : Reprenant un scénario écrit en 1946, le vieux maître portugais émerveille une fois de plus avec ce film-rébus à la fois délicieusement sophistiqué et d’une simplicité désarmante. Le romantisme s’y colore d’un humour exquis de vieux sage facétieux et d’une mélancolie méditative pour célébrer le dépassement de la mort par l’amour. Entouré par les habitués qu’on retrouve avec plaisir (Luis Miguel Cintra, Leonor Silveira ou Isabel Ruth, très drôle en servante revêche) Ricardo Trêpa en jeune photographe ébahi par ce qui lui arrive est encore plus épatant que dans les opus précédents.

- Lire la critique de Gérard Crespo
O Estranho Caso de Angélica


Le DVD
Une excellente édition DVD, disponible le 3 janvier 2012, associe le film à un précieux court-métrage de 1996
O Estranho Caso de Angélica - DVD Les suppléments

Outre la bande-annonce, une jolie galerie photos et une filmographie du réalisateur, le DVD permet de voir un petit documentaire d’une quinzaine de minutes réalisé à l’occasion de l’avant-première du film à la Cinémathèque en mars 2011. Le fringuant centenaire y retrouve entre autre son acolyte Michel Piccoli (qui parle d’un projet commun) et y esquisse même quelques pas de danse. Il se livre aussi de bonne grâce au jeu classique de l’interview de même que Riccardo Trêpa. Les interventions de ce dernier, parlant avec enthousiasme de son travail avec son grand-père, sont particulièrement éclairantes et émouvantes.
Mais le supplément le plus précieux est évidemment le court métrage de 1996 En une poignée de main amies qui associe la signature d’Oliveira à celle de Jean Rouch. Déambulant au bord du fleuve Douro les deux cinéastes y admirent les étonnants reflets que, l’espace d’un instant, le vieux pont de fer de Gustave Eiffel projette sur la surface blanche de son voisin plus récent, y échangent des considérations sur l’appel du large devant la statue du roi Henri Le Voyageur ou sur le conflit entre l’eau douce et l’eau salée de l’estuaire. Vingt huit minutes d’enchantement.
Image

Le remarquable travail de Sabine Lancelin à la photo n’est pas trahi par le report numérique qui restitue la gamme de couleurs plutôt froides et la lumière pas trop vive convenant idéalement à l’atmosphère légèrement étrange dans laquelle baigne le film. La définition est tout à fait satisfaisante.
Son

Un 5.1 bien spatialisé mais sans excès qui permet au piano de Maria-João Pires jouant Chopin d’installer dès le générique une tonalité rêveuse et mélancolique et de créer une ambiance sonore feutrée des plus suggestives.

Claude Rieffel




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