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L’étrange créature du lac noir - la critique

Le monstre au look branchie

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Cette série B sympathique de bout en bout est devenue un film culte grâce au design efficace de sa créature et à la force de ses séquences maritimes.

L’argument : Une équipe de paléontologues traque une étrange créature en Amazonie jusqu’au fond du lagon où elle vit.

Notre avis : Alors qu’il vient de connaître le succès avec Le météore de la nuit (1953), le producteur William Alland imagine une autre histoire fantastique qui mettrait en scène une créature préhistorique ayant survécue dans les eaux du fleuve Amazone. Pour concrétiser ce projet, il fait appel au cinéaste de son précédent triomphe, à savoir Jack Arnold, grand spécialiste de la série B. Ce dernier est également habitué au nouveau procédé en 3D testé sur le Météore et qu’Alland tient absolument à utiliser pour L’étrange créature du lac noir (1954).
Pourvu d’un scénario basique et finalement très classique dans son déroulement, ce produit de studio se regarde encore avec plaisir grâce à une introduction intrigante, à la grande qualité des séquences sous-marines, réalisées par Scotty Welbourne, ainsi qu’à une histoire qui fait de son monstre une victime de la bêtise humaine. On doit également saluer le remarquable travail de l’équipe de Bud Westmore, à l’origine de la conception de la créature, sans cesse exposée et qui résiste plutôt bien au temps, malgré son aspect nécessairement kitsch. Si la réalisation de Jack Arnold est globalement efficace, on ne peut toutefois pas en dire autant de sa direction d’acteurs. A part le héros interprété avec autorité par Richard Carlson, les autres comédiens ont bien du mal à s’imposer. Ainsi, la pin-up Julie Adams a semble-t’il davantage été choisie pour sa plastique irréprochable que pour ses talents d’actrice, plutôt limités. Sa séquence culte demeure sa nage dans le lac tandis que la créature se déplace sous elle sans qu’elle s’en aperçoive - scène à laquelle Steven Spielberg rend d’ailleurs explicitement hommage dans Les dents de la mer.
Doté d’une belle photographie et d’une musique efficace, le métrage souffre d’un script assez rachitique et peu plausible, ce qui ne l’empêcha nullement de passionner les spectateurs au point d’en faire un film culte auquel Jack Arnold donna suite l’année suivante dans La revanche de la créature (1955) tandis que John Sherwood se chargea d’un troisième volet en 1956 intitulé La créature est parmi nous. Pourtant, il n’y avait pas de quoi fouetter un (poisson-)chat.

Virgile Dumez