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L’exorciste - La critique

Le diable au corps

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Ce monument du film d’horreur trouble toujours autant par son approche réaliste d’un sujet surnaturel. Enfer et damnation pour ceux qui n’ont pas encore goûté à ses charmes sataniques.

L’argument : En Irak, le Père Merrin est profondément troublé par la découverte d’une figurine du démon Pazuzu et les visions macabres qui s’ensuivent. Parallèlement, à Washington, la maison de l’actrice Chris MacNeil est troublée par des phénomènes étranges : celle-ci est réveillée par des grattements mystérieux provenant du grenier, tandis que sa fille Regan se plaint que son lit bouge.
Quelques jours plus tard, une réception organisée par Chris est troublée par l’arrivée de Regan, qui profère des menaces de mort à l’encontre du réalisateur Burke Dennings. Les crises se font de plus en plus fréquentes. En proie à des spasmes violents, l’adolescente devient méconnaissable.
Chris fait appel à un exorciste. L’Eglise autorise le Père Damien Karras à officier en compagnie du Père Merrin. Une dramatique épreuve de force s’engage alors pour libérer Regan.

Notre avis : Le romancier William Peter Blatty rencontre un succès inattendu avec son roman The exorcist lorsque le studio Warner Bros compte s’emparer de la poule aux oeufs d’or afin d’en tirer un long métrage. Bon nombre de réalisateurs sont pressentis, de Stanley Kubrick en passant par Mark Rydell avant que William Peter Blatty n’impose William Friedkin. Ce dernier, tout juste auréolé par le triomphe de French connection (1971), choisit de traiter ce cas de possession démoniaque comme un véritable documentaire, s’affranchissant ainsi des figures imposées d’un genre pourtant très codifié. Avec une très grande économie de moyens et un minimum d’effets, le réalisateur se penche sur le destin d’une ado pré-pubère qui est peu à peu possédée par le diable, ainsi que sur l’effet que cet événement extraordinaire induit sur l’entourage de la victime.
Prenant irrémédiablement son temps (il faut attendre près d’une cinquantaine de minutes avant la première manifestation directe du démon), Friedkin a à coeur de décrire les tourments psychologiques de la mère - magnifique Ellen Burstyn - et du prêtre qui lui vient en aide. Avec un grand souci d’ancrer le surnaturel dans le quotidien, le réalisateur crée petit à petit une sorte de malaise qui ne quitte plus le spectateur jusqu’au mot fin, comme si une présence maléfique se trouvait derrière chaque plan. Lorsque le fantastique finit par s’imposer, le choc en est alors décuplé. Osant mettre dans la bouche de la jeune Linda Blair les plus ordurières paroles, le cinéaste multiplie les séquences outrageantes pour l’Eglise : le point d’orgue étant bien entendu le passage où la jeune fille possédée s’introduit un crucifix dans le sexe. Autant d’éléments chocs qui deviendront par la suite la marque de fabrique d’un auteur pas toujours inspiré, mais constamment fasciné par les racines du Mal. Porté par une réalisation limpide et épurée, une musique sublime utilisée avec parcimonie (le fameux thème de Mike Oldfield ne se fait entendre que trois fois) et des acteurs habités par leurs rôles, L’exorciste demeure aujourd’hui encore un modèle inégalé, provoquant l’angoisse et le doute plus qu’une peur panique. Ses trois suites, aussi différentes les unes que les autres, ainsi que tous les ersatz qui ont fleuri dans les années 70 (La malédiction pour n’en citer qu’un) ne lui sont jamais arrivés à la cheville. Le diable les emporte !

Virgile Dumez


Biographie

William Friedkin - notes biographiques

Quelques informations sur William Friedkin.

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