Accueil > Les réalisateurs > D > Dupont, Ewald André > L’homme de Néandertal - la critique

L’homme de Néandertal - la critique

Arrêtez vos singeries !

Une série Z ennuyeuse qui ne vaut que pour les apparitions ridicules d’un homme préhistorique au maquillage foireux.

L’argument : Le professeur Clifford Groves est un éminent scientifique qui a orienté ses recherches sur l’étude des origines de l’homme. En étudiant la morphologie de l’homme de Néandertal, il avance la théorie que cette espèce n’était pas moins intelligente que l’homo-sapiens. Mais sa démonstration est rejetée par l’ensemble de la Société Naturaliste. De retour dans son laboratoire, il travaille alors à la fabrication d’un serum, qu’il compte essayer sur lui-même...


Notre avis : Etrange carrière que celle du réalisateur Ewald André Dupont (1891-1956), cinéaste allemand qui débuta sa carrière dans son pays natal où il a participé à l’essor du cinéma muet entre 1917 et 1925. Puis il s’exile une première fois aux Etats-Unis, puis en Angleterre pour revenir au début des années 30 en Allemagne. Chassé par la montée du nazisme, l’homme repart aux Etats-Unis où il tourne des films peu convaincants. Il abandonne une première fois le cinéma en 1939 et revient étrangement derrière les caméras une dizaine d’années plus tard (en 1951, précisément) pour signer une suite de séries Z totalement indignes de son talent initial. C’est durant cette période qu’il tourne notamment L’homme de Néandertal (1953) qui fleure bon le cinéma bis. Se présentant tout d’abord comme un film d’horreur classique avec une étrange créature mystérieuse qui tue les habitants d’une petite bourgade, le film dévoile peu à peu sa filiation avec l’histoire du docteur Jeckyll et Mr Hyde puisqu’il met en scène les expériences d’un savant fou qui teste un produit sur un chat avant de s’en servir sur lui-même. Notons au passage que l’on ne comprend pas vraiment l’intérêt d’une telle expérience pour les travaux de cet anthropologue.

Malheureusement, si le script en vaut un autre, la réalisation impersonnelle et les approximations des effets spéciaux ruinent tous les efforts de l’équipe artistique. De l’apparition du tigre dent de sabre qui n’est autre qu’une grosse peluche (voir la photo ci-dessus, à mourir de rire) en passant par le maquillage ridicule du fameux homme de Néandertal, le film se vautre dans le ridicule à de nombreuses reprises. Si l’on ajoute à cela un tigre préhistorique qui perd ses dents de sabre un plan sur deux et un nombre considérable de faux raccords, le résultat final n’est guère glorieux. Malgré les efforts réels des acteurs, l’ennui s’installe rapidement pour ne plus quitter le spectateur, seulement amusé par les tristes effets spéciaux. Un bilan bien maigre.

Le film est disponible en double programme chez Bach Films, couplé avec Les mangeurs de cerveau :

Virgile Dumez

Découvrez toute la BD avec

Bedeo.fr : bande dessinée

avoir-alire est édité par Bedeo.fr