Le film fleuve de Philip Kaufman (L’étoffe des héros, Indianna Jones) fait peau neuve et ressort en salles. Une leçon d’histoire et de cinéma
L’argument : Prague, 1968. Tomas, brillant neurochirurgien, collectionne les conquêtes. Il couche régulièrement avec Sabina, une artiste avec qui il s’entend bien sexuellement et intellectuellement. De passage en province, il remarque Tereza, une jeune femme fougueuse et presque ingénue, qui tombe sous son charme. Un beau jour, elle débarque à Prague et s’installe chez lui. Les deux tourtereaux se marient. Tomas n’en cesse pas moins de la tromper, ce que la jeune femme supporte mal. Sous l’influence de Sabina, Tereza devient photographe. Un jour, les chars russes entrent dans la ville.

Notes : Printemps 2011. Milan Kundera, auteur du roman l’insoutenable légéreté de l’être entre dans le cercle de La pléiade. A cette occasion, le film culte de Philip Kaufman, co-écrit par Kundera, ressort sur nos écrans, presque vingt-cinq ans après. Véritable succès de l’époque (1.2 millions d’entrées France), L’insoutenable légèreté de l’être offrit une stature internationale à Juliette Binoche, brillant de mille feux aux côtés de Daniel Day Lewis et Lena Olin.
Longtemps interdit en tchécoslovaquie soviétique, le film se découvre sous le manteau à la chute du mur de Berlin. Discrète et tardive, les projections de minuit attirent pourtant plus de trois mille spectateurs par soir, créant un phénomène national. Première oeuvre à dévoiler la révolution soviétique du point de vue des Tchèques, L’insoutenable légéreté de l’être remet en question l’héroïsme d’un pays où la propagande a toujours été reine. Pour la première fois, les Russes ne sont plus présentés comme des sauveurs et les Tchèques comme des rebelles sanguinaires.
Sulfureuse et sensuelle, cette oeuvre fleuve de 2h51mn s’attarde avec finesse sur la légéreté et la pesanteur de corps amoureux. A (re)découvrir.
